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mûrir à l'exposition directe du nord. 2°. Les Pavies & les Pêches tardives ne peuvent mûrir qu'au midi. 3°. Dans les terres froides & humides le midi plein, ou peu déclinant au levant ou au couchant est nécessaire à la plupart des especes. 4°. Dans les terres légeres & chaudes, on peut planter des Pêchers depuis le nord-est jusqu'au nord-ouest, plaçant chaque espece à une exposition plus ou moins méridionale à proportion que son fruit a plus ou moins besoin de soleil pour acquérir une parfaite maturité. 5°. La culture du Pêcher à l'exposition du couchant est le plus souvent infructueuse, à moins que le terrein ne soit léger, & l'espalier défendu des mauvais vents par le voisinage de quelque bois ou de quelques montagnes. V. La plantation du Pêcher n'exigeant aucune attention particuliere, je renvoie pour cet objet à ce qui en est dit dans la Culture générale. J'observerai seulement que cet Arbre doit être déplanté avec plus de soin, & de plus longues racines que les autres; 1°. parce que le Prunier & l'Amandier sur lesquels il se greffe ordinairement, étant des arbres gommeux, leurs plaies se cicatrisent difficilement : or plus les grosses racines sont coupées près de leur naissance, plus les plaies sont grandes. 2°. Ils repercent difficilement, sur-tout l'Amandier : or plus on retranche des grosses racines, moins il reste de parties tendres & propres à produire de nouvelles racines. Il faut donc que les racines, sur-tout des arbres de tige, ayent au moins de douze à quinze pouces de longueur; ou, pour parler avec plus de précision, qu'elles soient saines & entieres jusqu'à l'endroit où elles commencent à diminuer sensiblement de grosseur.J'ai examiné bien des Pêchers morts dans les quatre ou cinq années après leur plantation ; & j'ai presque toujours trouvé la cause de leur mort dans leurs grosses racines qui étoient toutes, ou la plupart, pourries sans être cicatrisées, & sans avoir fait aucunes productions.

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jusque vers le commencement de Mars; tout le temps que sa sève est dans l'inaction. - *

| VI. Si l'on plante dans les vignes des Pêchers d'especes qui supportent le plein-vent, ou élevés de noyaux, ces Arbres profitant des engrais, labours, & façons qu'on donne aux vignes, deviennent assez beaux, mais vivent peu. Si le Vigneron ajoute de temps en temps à la culture un élagage, ou taille grossiere, il prolonge leur vie ; & on en trouve qui, avec ce traitement, se soutiennent au-delà de trente ans. Ces mêmes Pêchers élevés en buisson dans un potager, taillés & cultivés, parviennent à un âge plus avancé. Plantés en espalier, conduits avec intelligence, & taillés par des mains habiles, leur mort préviendra peu celle des arbres d'espalier les plus vivaces. Au contraire les Poiriers, & la plupart des Arbres fruitiers, plantés dans un verger, laissés en liberté, sans être taillés, vivent beaucoup plus long-temps qu'en espalier. Quelle est la raison de cette disparité d'effets pro

duite par une même cause, la taille # il ne faut la chercher que dans la chose même. .

Les autres Arbres Fruitiers se conduisent avec une sorte de sagesse (j'abuserai des termes). Ils reglent leurs productions sur leur âge & leurs forces. Ils forment d'abord leur tempérament ; ne donnent de fruit que quand leur fécondité ne peut nuire à leur croissance, & altérer leur complexion; une branche n'en produit de nouvelles qu'autant qu'elle en peut nourrir, sans s'affoiblir elle-même.Toutes leurs parties en proportion de nombre, de force, de grandeur, conspirant également à leur agrandissement & à leur conservation; les retranchements & diminutions qu'on en fait par la taille sont autant d'atteintes portées à leur vigueur, qui ne leur procurent une forme agréable, & ne hâtent leur fécondité, qu'en avançant leur perte. Car il faut le dire, malgré l'opinion & la pratique commune des Jardiniers, moins on retranche des Arbres à la taille, pourvu qu'on puisse les

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palisser sans confusion, plus on peut en espérer de satisfaction.

Le Pêcher se livrant à une ardeur excessive de croître & de s'acquitter envers le Cultivateur, épuise ses forces naissantes par une fécondité prématurée, & se prépare une ruine prochaine en se surchargeant d'un grand nombre de branches auxquelles il ne peut fournir une nourriture suffisante ; aussi est-il souvent obligé d'en abandonner une partie qui périt par la disette ; & luimême, outrant toujours ses efforts, succombe en peu d'années. Il faut donc employer quelque moyen propre à le contenir, sans le décourager; tempérer son ardeur, sans la détruire ; établir une juste proportion entre son travail & sa vigueur ; & l'entretenir dans cette activité modérée qui nourrit les forces & prolonge la vie. Ce moyen est la taille.

VII. Mais cette taille exige tant d'attention & de précision, qu'un Pêcher bien taillé est regardé comme le chef-d'œuvre d'un Jardinier. Rien en effet n'y est indifférent : taillé trop long, il se dégarnit ; trop court, il ne produit que du bois; trop chargé, il devient confus; trop déchargé, il se ruine par les gourmands & branches de faux bois. Si l'on fait quelque faute dans la taille d'un Poirier, d'un Abricotier, &c. elle est réparable. Si on l'a alongé & chargé, pour le fatiguer & le mettre à fruit, on peut y revenir; étant rapproché, ses branches, même les plus vieilles, en produisent de nouvelles qui rétablissent le plein, la forme, & la régularité de cet Arbre. Il n'est pas ainsi d'un Pêcher : les yeux qui ne se sont pas ouverts dans le temps, demeurent fermés pour toujours; s'il reperce quelque branche sur les anciennes tailles, rarement elle vient dans l'endroit où elle seroit nécessaire. Lorsqu'il a pris une mauvaise habitude, il est très-difficile de l'en corriger : de sorte que les fautes une fois faites sont ordinairement sans remede. Cependant n'en désespérons pas toujours. Une douzaine de Pêchers plantés contre le mur d'un clos, y furent tellement négligés, ou plutôt oubliés pendant sept ou huit ans, qu'ils devinrent arbres de plein-vent, élevant au-dessus du mur une assez belle tête montée sur une tige. Ayant voulu rétablir cet espalier, je plantai de jeunes arbres entre les anciens, & je sacrifiai ceux-ci à une expérience. J'en fis scier la tige à quatre pouces au-dessus de la greffe, & couvrir la coupe de terre pétrie en mortier. Tous, un seul excepté, ont repercé, & sont devenus de beaux & bons arbres qui ont rendu la nouvelle plantation inutile. Ce fait donne acte au Pêcher qu'il n'est pas un sujet sans ressource; mais étant peut-être unique, il ne nous autorise pas assez à espérer communément un pareil succès. Les regles de la taille que nous avons établies en traitant de la Culture générale, pourroient suffire à un Cultivateur intelligent, pour bien opérer sur le Pêcher. Mais afin de n'exposer personne à se méprendre dans l'article le plus important & le plus difficile de la culture du Pêcher, nous ajouterons ici les méthodes les plus approuvées, & pratiquées avec le plus de succès. Et pour ne point multiplier des répétitions inutiles, nous renvoyons à la Culture générale pour la conduite des jeunes Arbres pendant leurs premieres années : nous recommanderons seulement d'observer les regles plus littéralement à l'égard du Pêcher, qu'à l'égard de tout autre Arbre.

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« UNE fois que les branches-meres font formées, je ne fais » plus de cas des branches gourmandes; & s'il en part de dessus » les branches-meres, je crois qu'il les faut retrancher, à moins » qu'on n'en ait un besoin absolu pour garnir une place où une » branche considérable sera morte : voici les raisons qui me dé» terminent à les retrancher. Les yeux étant fort écartés les uns » des autres, il faut tailler ces branches fort longues, & il y a » à craindre de dégarnir le bas de l'arbre, d'autant que ces » branches consommant beaucoup de seve, elles feront tort à » celles de leur voisinage. D'ailleurs ces branches s'élevent pres» que toujours perpendiculairement; & comme elles sont fort » grosses, il est difficile, quand on les a taillées, de les con» traindre à prendre la forme qu'on desire; & il faudroit qu'un » arbre fût bien vigoureux pour suffire à la nourriture d'un nom» bre de branches gourmandes qu'on conserveroit. Et comme » je suppose l'arbre formé, il est pourvu d'un assez bon nombre » de branches, pour que les racines ne souffrent point du re» tranchement de plusieurs branches gourmandes; & s'il étoit » question de dompter un arbre trop vigoureux, j'aimerois mieux » le charger par la taille des branches de franc bois, ou même lui » laisser beaucoup de brindilles, que d'épargner les branches » gourmandes. » A l'égard des branches de moyenne force qui ont leurs » boutons assez près-à-près, & la plupart triples, ce sont les » plus précieuses ; ce sont elles qui donnent le meilleur bois & » les plus beaux fruits. On doit donc en conserver plus ou moins, » & les tailler plus ou moins longues, suivant la force de l'arbre. » Mais comme le but principal qu'on se propose est d'avoir du » fruit, il se présente un embarras dont plusieurs Jardiniers se » tirent mal. Comme ordinairement les bons boutons à fruit se » trouvent assez loin de l'origine des branches, l'envie qu'on a » de se procurer du fruit, engage à tailler ces branches fort » longues. En ce cas, suivant l'ordre le plus commun, la bran» che la plus vigoureuse sortira de l'extrémité de la branche » qu'on aura conservée, & il y aura à craindre que le bas ne se » dégarnisse. Si au contraire, pour prévenir cet inconvénient, » on taille court, il est sensible qu'il faut renoncer à avoir du » fruit. Voici ce qu'il faut faire pour se tirer de cet embarras» C'est que de deux branches voisines de bon bois, il en faut » couper une à deux ou trois yeux pour avoir du bois; & l'autre

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