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neutraliser les désastreux effets de la concentration des capitaux, en facilitant, en provoquant même l'association des petits capitaux entre eux, au moyen des actions qui forment le capital des banques.

Ainsi l'organisation sur une large base du système de crédit a pour double résultat de faire entrer dans le mouvement industriel, au moyen de l'association, un plus grand nombre d'individus, ou, en d'autres termes, de favoriser les petits capitaux et de fournir aux travailleurs honnêtes et capables les moyens de travail dont ils ont besoin.

Ce n'est pas que les grands industriels n'usent aussi, et même très-largement, du crédit; mais, à la rigueur, ils peuvent s'en passer, tandis que les petits ne le peuvent pas. Là où le crédit n'est que peu ou point développé, les riches seuls ont du crédit; eur seuls, et quelquefois leurs créatures, peuvent avancer; quant à la masse, elle doit se résoudre à flatter ou à demeurer pauvre, c'està-dire à servir. On voit aisément ce que peut être la dignité humaine dans un tel état de choses.

Lorsque le crédit est parfaitement organisé, et que par suite les capitaux sont abondants, les garanties personnelles des travailleurs, les garanties d'aptitude et de moralité, finissent par obtenir autant de crédit, quelquefois plus, que les garanties purement pécuniaires. Or, rien ne tend plus puissamment à élever le niveau moral de la société que cette confiance accordée aux qualités morales; car, du jour où il sera admis qu'une bonne réputatien bien établie est un moyen de parvenir, un capital d'autant plus précieux que nul revers ne saurait l'atteindre, tout le monde sera naturellement stimulé, par une louable émulation, à conquérir cette bonne réputation d'aptitude et de moralité. S'il ne dépend de personne de naître riche, il dépend de chacun d'être honnête et laborieux. Que l'honnêteté industrieuse soit un moyen de parvenir, et la jeunesse entrera avec ardeur dans cette voie de régėnération et de progrès.

ont déjà des capitaux plus ou moins considérables. Le seul avantage qu'elles offrent à la classe laborieuse et sans fortune, c'est de mettre quelquefois les capitaux intermédiaires à même de descendre jusqu'à elle, quoique avec des conditions très-onéreuses.

VIII.

ISOLEMENT.

Les États-Unis se trouvent n'avoir aucun voisin puissant. L'Anyleterre les touche bien sur une immense frontière par ses possessions du Canada; mais le siège de sa puissance est à douze ou quinze cents lieues de distance, ce qui en neutralise singulièrement l'effet. Cette position isolée est, pour eux, un inestimable bienfait de la providence, bienfait dont au reste ils savent habilement profiter, en se dispensant d'entretenir une armée permanente de quelque importance.

Une armée enlèverait aux travaux utiles la partie la plus active et la plus vigoureuse de la jeunesse, la fleur de sa population, tout en nécessitant des contributious plus considérables : elle occasionnerait donc en même temps une diminution dans le nombre des travailleurs pour faire des soldats, et un amoindrissement graduel dans la somme des capitaux productifs, absorbés sous forme de contributions pour nourrir et habiller l'armée. Sous ce rapport, l'équilibre pourrait bien rester le même relativement au taux des salaires; mais il y aurait toujours diminution de production et augmentation de dépenses improductives, — et par conséquent affaiblissement graduel du chiffre de la richesse publique.

Avec une forte armée permanente, on incorpore chaque année dans la population un certain nombre d'individus habitués à croiser la baïonnette et à tirer l'épée contre n'importe qui, au premier signal. – Si bien qu'après un certain nombre d'années il faudrait une armée formidable, rien que pour maintenir l'ordre toujours menacé.

Ce n'est pas tout. Avec l'armée s'introduirait infailliblement l'oisiveté et de funestes habitudes de désordre et de dissipation. Tous ceux qui auraient de la propension à l'oisiveté, et le nombre en serait grand, mais qui, dans l'état actuel des choses, n'osent point s'y livrer, soit par respect pour l'opinion publique, soit faute d'occasions, se trouveraient dès lors avoir un point d'appui, un noyau, un centre de réunion dans l'armée. Et peu à peu disparaîtraient ces habitudes d'activité, d'ordre et de travail, qui font la base principale de la prospérité des États-Unis.

IX.

Ainsi, caractère à la fois actif, moral et religieux d'un peuple accoutumé de longue main à la pratique de la liberté; habitude d'initiative en toutes choses, et liberté complète d'action, d'où résulte un meilleur classement des aptitudes, et partant une incalculable augmentation de travail et de production; énergie de caractère acquise dans les luttes religieuses de la mère-patrie, et entretenue d'âge en âge, augmentée même par la nécessité d'une autre lutte de plusieurs siècles contre la nature sauvage; possession paisible, à l'abri de puissants voisins, d'un continent fertile, bien arrosé, susceptible, par son étendue et la diversité des climats, de satisfaire à tous les besoins, on pourrait ajouter à tous les caprices de la population; immense étendue de terres vierges qui ne demandent que des bras, et qu'une législation libérale et prévoyante rend facilement accessibles à tous les travailleurs de bonne volonté; moyens d'exploitation, instruments de travail, capitaux, aisément obtenus par les travailleurs pauvres au moyen d'un bon système de crédit; enfin pas d'armée permanente, pas de sinécures, ce qui réduit les taxes presque à rien, et laisse ainsi aux mains de la population la presque totalité de ses revenus pour qu'elle en fasse l'emploi le plus convenable à ses intérêts : que d'éléments de puissance et de grandeur ! Est-il besoin d'aller chercher ailleurs les causes d'une prospérité si naturelle ?

J. MAGNE.

átlagaziniana.

LA RÉVOLUTION DE FÉVRIER

DANS LES MAGAZINES ET LES REVUES DE MAI ET JUIN

Il est des faits de l'histoire courante ou de la vie publique de chaque jour dont le récit ne saurait encore se produire que dans la presse anglaise; ces faits peuvent se trouver perdus dans un article d’un intérêt d'ailleurs secondaire. Telle critique ou telle appréciation sympathique sur des événements plus généralement connus, en révèlent quelquefois le vrai sens; et pour résoudre mainte question de l'histoire contemporaine, l'étranger, comme on l'a dit, anticipe quelquefois sur l'impartiale postérité.

Jusqu'ici nous n'avons rien recueilli qui ait cette valeur dans les ouvrages périodiques de la Grande-Bretagne; - mais cela peut venir, et en attendant, nous glanerons toujours quelques analyses, quelques esquisses politiques, quelques réflexions , quelques observations faites à divers points de vue, et de préférence celles qui ont en quelque sorte un double reflet, comme le rapprochement suivant, que nous ne citerons pas sans rappeler que si le gouvernement de la France républicaine avait lu dans la Revue Britannique du mois de janvier de cette année la relation de la dernière crise de l'Irlande, il ne se fut pas si imprudemment engagé avec les ateliers nationaux. - Le publiciste anglais répond à ces reproches que la presse parisienne adresse si souvent aux cabinets whigs et aux cabinets tories sur l'oppression qu'ils ont également fait peser sur l'Irlande : « Il n'est pas, dit-il, de thème sur lequel les Français reviennent plus volontiers que le mauvais gouvernement et la misère du peuple irlandais. Leurs publicistes ont toujours regardé comme une chose convenue que rien n'était plus aisé pour les riches que de faire part de leur superflu aux pauvres, et qu'ainsi les terribles inégalités des classes et la misérable condition des derniers rangs du peuple trouveraient leur remède immédiat. Les Français ont aujourd'hui chez eux un exemple de la difficulté de traiter avec une classe laborieuse qui, par la négligence du gouvernement ou toute autre cause, est tout à coup réduite à l'indigence et en même temps livrée à des doctrines séditieuses et subversives. ... Le fait est que les classes ouvrières de Paris sont tombées dans une situation matérielie et un ordre de sentiments très-analogues à la situation et aux sentiments des travailleurs d'Irlande. Elles ont passé par le besoin, le chômage et l'incertitude des moyens de vivre. Alors, la séparation entre elles et les classes au-dessus d'elles devenue plus marquée, elles se sont laissées facilement inoculer la suggestion qu'elles avaient les autres classes pour ennemies naturelles, et que la propriété ou le capital de celles-ci étaient leur butin légitime. Le communisme tel qu'il est prêché à Paris est une philosophie soi-disant sociale assez semblable à la religion du rappel prêché en Irlande. Le communiste dit aux ouvriers français que la propriété du bourgeois n'est qu'un vol accumulé. Le prédicateur politique, et quelquefois le prédicateur religieux du paysan celte lui fait la même histoire contre le propriélaire saxon. Il se mêle naturellement une certaine façon de spiritualisme dans les deux doctrines - l'une prenant le manteau du patriotisme et de la philanthropie, comme l'autre le manteau du patriotisme et du catholicisme; mais l'une et l'autre sont des religions essentiellement matérielles, qui font entrevoir aux adeptes une terre promise, attrayante par tous les charmes de la prospérité mondaine et du pouvoir, il ne s'agit plus que de marcher à sa conquête.

» Nous ne poursuivrons pas la comparaison, comme nous le pourriors faire, dans toutes ses ramifications ; qu'il suffise de remarquer que les hommes politiques de la France ont aujourd'hui à traiter avec une autre Irlande, et là où ils s'attendaient le moins à la voir surgir :-au cœur même de leur capitale. Les statisticiens ont montré combien est nomade la classe des ouvriers de Paris, qui vont et viennent, ont du travail une partie de l'année, meurent

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