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également dense dans toute l'atmosphère, parce que l'atmosphère se dilate à mesure que s'accroit sa distance de la terre. Supposons qu’un pied cube d'air contienne une certaine quantité de chaleur, également répandue dans ses éléments et leur composé, et susceptible d'affecter le thermomètre à un certain degré; si on comprime ce même volume d'air de manière à le réduire à un dixième de pouce cube, naturellement il y aura dix fois autant de chaleur concentrée dans ce dixième de pouce, et le thermomètre indiquera une élévation de température. Supposez, au contraire, le pied cube d'air dilaté au point de remplir un espace de dix pieds cubes, la chaleur sera tellement disséminée, que le thermomètre indiquera ane dépression; en d'autres termes, l'air sera plus froid. La cause de la densité, et par suite de la chaleur plus grandes de l'air en approchant du sol, est donc le poids du reste de l'atmosphère et la compression qui en résulte. Cela explique la diminution de la chaleur à mesure qu'on gravit une montagne. L'air se raréfie de plus en plus, et la vapeur d'eau finit par se condenser en brouillard ou se congeler. L'air, lorsqu'on s'élève du niveau de la mer, devient d'un degré à peu près plus froid pour les deux cents premiers pieds, et il se refroidit de cinquante degrés environ pour quinze mille pieds. A cette élévation, l'eau se congèlerait même près de l'équateur, où la température des basses plaines est de quatre-vingts degrés. Voilà pourquoi les sommets des hautes montagnes sont couverts de neige, à partir d'une certaine élévation nommée la ligne des neiges ou de la congélation perpétuelle.

La conversion de l'eau en vapeur, c'est-à-dire l'évaporation, exige de la chaleur, et les substances qui lui communiquent cette chaleur se refroidissent naturellement. Dans l'Inde, on mouille les tentures qui tiennent quelquefois lieu de fenêtres, et il en résulte une évaporation rapide qui réduit la température de dix et même de quinze degrés. En Europe, on obtient aussi quelque soulagement dans les grandes chaleurs en arrosant les planchers des maisons et les pavés des rues. C'est d'après le même principe qu'on se sert de vaisseaux poreux pour rafraîchir les vins. Cos vaisseaux plongés dans l'eau en imbibent une grande quantité par l'attraction capillaire, et l'eau ainsi imbibée s'évaporant peu à peu lorsque ce vaisseau est remis en plein air , la bouteille de vin se

rafraichit en proportion de la chaleur qu'elle prête à l'accomplissement de ce procédé. La même raison fait qu'il est dangereux de garder des habits humides, l'évaporation faisant descendre la chaleur animale au-dessous de son niveau normal. En pareil cas, l'exercice, qui provoque le développement de la chaleur, diminue le danger ; mais s'il y a excès de chaleur, l'évaporation du corps se condense en sueur, et si celle-ci se trouve arrêtée par un courant d'air froid, des vêtements imperméables ou d'autres causes, les plus sérieuses conséquences sont à appréhender. Un mouchoir de fine batiste appliqué sur le front produit alors un grand soulagement, parce que les fibres du tissu sont un bon conducteur de Ja chaleur, et exercent une grande attraction capillaire sur la moiteur même. Un mouchoir de coton, au contraire, n'ayant aucun de ces avantages, produit plutôt une sensation de chaleur.

Une série d'expériences faites avec soin permettent de conclure que l'évaporation annuelle de l'eau est en moyenne de trente pouces, c'est-à-dire que la vapeur,

si elle était de nouveau convertie en eau, couvrirait la surface d'où elle s'est élevée d'une couche de trente pouces d'épaisseur. La surface de toutes les eaux du globe étant évaluée à cent vingt-huit millions de milles géographiques, il en résulterait que près de soixante mille milles cubes d'eau sont annuellement convertis en vapeur.

Les vents, qui concourent pour une si grande part à notre bienêtre en été, sont produits, comme on sait, par le trouble incessant que la chaleur apporte dans l'équilibre de l'air. Voici comment la chimie nous explique le phénomène des brises de terre et de mer : Les rayons solaires ne peuvent élever la température des eaux transparentes de la mer, ni celle du volume transparent de l'atmosphère, mais ils échauffent très-facilement la surface de la terre opaque. Le sol des iles exposées au soleil des tropiques est par conséquent fort élevé en température, et comme il communique sa chaleur à l'air, il se produit un grand courant ascendant, tandis que d'autres couches d'air en contact avec la surface plus froide de l'Océan se glissent dans l'ile pour rétablir l'équilibre, et c'est ce qui constitue la brise de la mer. Pendant la nuit, la surface de l'ile n'étant plus sujette à l'influence directe du soleil, devient plus froide que l'air qui la couvre; elle force cet air à se contracter, à devenir plus dense. Il s'abaisse en conséquence, et s'étend de tous côtés, produisant ainsi la brise de terre, fréquemment chargée des exhalaisons malsaines de la végétation qui se décompose tandis que la brise de mer est fraiche et salubre.

(Chambers' Edinburgh Journal.)

CHRONIQUE LITTÉRAIRE

DE LA

REVUE BRITANNIQUE,

ET BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.

Paris, juin (1).

If there come a hot june.

«S'il survient un chaud mois de juin.»

(Shakspeare, King Henry IV.)

La voie où quelques-uns des fondateurs du gouvernement républicain entraînaient la république devait tôt ou tard aboutir à la guerre civile : la guerre civile a éclaté, le sang a coulé, un sang précieux! Nous voudrions éviter les récriminations contre ceux quisontà nos yeux les plus grands coupables; mais, quoique nous leur supposions des remords, tout ce que nous pouvons faire, c'est de ne pas les nommer. Et puis, que de complices, jusque dans les rangs de ceux qui ont combattu pour l'ordre ! oui! des complices, et nous nous reprochons à nous-mêmes les réticences et les ménagements d'une discrétion trop indulgente, bien que, dès les premiers jours, nous nous soyons récriés contre les mensonges officiels et les mensonges officieux, qui conspiraient d'avance avec ces belles théories de fraternité démocratique, traduites enfin en exigences séditieuses qu'il a fallu repousser à coups de canon. Ils mentaient aux autres ou ils se mentaient à eux-mêmes, ceux qui semblaient croire à

(1) Nos lecteurs comprendront que notre imprimerie étant située dans un des quartiers de Paris dont l'insurrection s'était emparée, nous avons plus d'une excuse pour ne paraitre qu'en juillet. Les événements de juin sont survenus lorsque toute notre livraison était composée, moins cette chronique et la correspondance de Londres ; mais les travaux de l'imprimerie ont été interrompus pendant huit jours. 6° SÉRIE.

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TOME XV.

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la facile transformation d'une société toute monarchique en société démocratique. La forme républicaine est un progrès en fait de gouvernement, mais le progrès politique de s'improvise pas; on n'enlève pas impunément tous les étais à la fois d'un édifice qu'on déclare en ruine; on ne livre pas impunément à lui-même tout un peuple qu'on accuse d'avoir subi dix-sept ans de corruptions; on ne jelle pas dans une même proclamation faile au nom de la fraternité les qualifications de l'héroïsme à une classe et l'injure à une autre; on ne brise pas tous les degrés de hiérarchie sociale au nom de l'égalité; on ne crée pas des inimitiés mortelles entre le travail et le capital, entre l'industrie et la propriété. Voilà ce qu'on a fait ou laissé faire pendant trois mois, avec un gouvernement aujourd'hui coupable de lenleurs et d'hésitations, demain de folle hâle et de témérité, lantôt expérimentant des nouveautés sur le corps social, tantôt reproduisant les vieilleries d'une autre époque, s'appuyant tour à lour sur les éléments de l'ordre et sur ceux du désordre, semblant en un mot se complaire dans la lutie de lous les intérêts et de toutes les passions, jusqu'à se faire accuser de spéculer sur l'anarchie, quand après tout l'histoire, espérons-le, rendra justice aux bonnes intentions de ceux qui n'ont conservé leur popularité dans aucun parti. Il en résulle qu'avanl mème la falale leçon du 24 juin, le premier besoin de celle nation qui, jalouse de ses moindres libertés, venait de renverser une monarchie constitutionnelle, élait déjà une dictalure militaire. Libertés, voilez-vous, chastes filles, qui aviez naguère tant de peur d'être violées par le souverain élu, par ses ministres responsables ou par un simple procureur du roi ! Liberté de la presse, liberté de la parole, et loi, liberté individuelle que le projet de charte républicaine délinit si naïvement le droit d'aller et de venir, vous voilà donc déjà condamnées à la censure, au bâillon, au laissez passer de la mairie, et personne ne vous plaint; tout bon citoyen est le premier à vous menacer du gendarme; que dis-je, nous-mêmes, gardes nationaux, qui avons tant crié en février vive la réforme, nous vous conduirions sans procès-verbal au premier poste, ou nous vous traiterions en filles suspectes, pour peu que vous eussiez l'air de faire la moue à la vieille troupe de ligne ou à la jeune mobile.

Dans cette disposition des esprits, après la guerre sacrilége qui a ensanglanté nos foyers, combien nous devons nous féliciter qu'aucun ambitieux couronné par nos victoires d'Afrique ne se soit trouvé là pour confisquer la république, si fatalement compromise par ses fondateurs ! Ceux qui reprochent à la dernière dynastie d'avoir tout perverti et corrompu, doivent au moins reconnaître que l'armée a conservé sous ses chefs, princes nés ou maréchaux parvenus, une moralité et un

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