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nommerons qu'après son discours. Mais on voit que les partisans du divorce, quoi qu'on en dise, peuvent n'être pas toujours les ennemis du mariage.

Voici un autre dialogue entre deux fonctionnaires, où nous n'avons pas été interlocuteur, mais seulement auditeur; c'est pour faire acte d'auteur que nous allons essayer de traduire littéralement en vers ce que nous avons entendu : 1er ronct. Ami, quel wil hagard! quelque nouveau malheur

Doit-il atteindre encor la république au ceur ?
Louis Blanc de Barbès a-t-il brisé les chaines?
Huber a-l-il bravé les verroux de Vincennes ?
Aurais-tu vu Blanqui? ce sombre jacobin
De sa main dégantée a-t-il saisi ta main ?

Réponds; tu me fais peur! quel danger pous menace ?
2e Fonct. On parle, mon ami, de me ravir ma place.
1er FONCT. Je tremble tout de bon !... ils n'ont ni foi ni loi!
2e fonct. Depuis vingt ans au moins j'occupe cet emploi.
1er fonct. Je ne comprends que trop ton teint livide et blême !

Je te plains... quoique, hélas! plus à plaindre moi-même! 2e fonct. Plus à plaindre! impossible! est-il pire destin

Que celui dont je puis être frappé demain ? 1 or fonct. Je le crois. 2e FONCT.

Nomme donc cette grande infortune!
1er fonct. Quand on n'a qu'une place, on n'en peut perdre qu'une;

Doublement menacé, doublement malheureux,
J'ai deux places, ami, je puis en perdre deux.

Nous le disons avec douleur: la littérature a encore chômé ce mois-ci. Bientôt les gens de lettres grossiront les rangs des travailleurs des ateliers nationaux. Il parait que quelques-uns s'y sont déjà enrôlés. Cependant nous recevons les premières livraisons d'une odysséc qui doit faire sensation, de Jérome Palurot à la recherche de la meilleure des réu publiques. Nous entretiendrons nos lecteurs de cet ouvrage, dont l’auleur, M. L. Reybaud, ne garde plus l'anonyme (1).

Les grands théâtres n'ont donné aucune pièce nouvelle.

Dans un des articles de cette livraison, il est fait allusion au Doo:nsday

(1) Paris, chez Michel Lévy frères.

book, registre du cadastre des propriétés anglo-saxonnes, dressé par l'ordre de Guillaume le Conquérant. Il paraîtrait que ce registre aurait été Dommé ainsi par corruption de domus Dei, maison de Dieu, parce qu'il était déposé dans les églises. Telle est l'opinion d'un archéologue du Gentleman's Magazine que cite un catalogue où est mentionné un bel eremplaire du Doomsday book, déposé à la cathédrale de Cantorbery.

Le Salut des travailleurs, par Achille Poincelot. Prix: 40 cent. Paris, chez Paul Masgana. Brochure inspirée par les meilleurs sentiments, et où le problème de l'organisation du travail nous a paru recevoir une solution fort raisonnable, conciliant tous les intérêts. M. Poincelot et ses écrits ne sont pas ignorés de nos lecteurs.

Exposé de la situation de l'industrie française, considérée dans l'intérêt de tous les travailleurs, soumis à l'Assemblée nationale par la Société d'encouragement. Paris, chez la veuve Bouchard-Huzard. La Société d'encouragement, fondée en 1802, a rendu dejà de grands services. Les questions industrielles soulevées depuis la révolution de février l'ont occupée sérieusement, et cet exposé, dont M. Charles Dupin est le rapporteur, mérite l'attention de l'Assemblée nationale. C'est non-seulement la réfutation de mauvaises doctrines, mais encore une lucide discussion d'où sortent les vraies solutions de toutes les difficultés. Les fails viennent ici à l'appui du raisonnement, et l'on reconnait daus cet exposé le sens pratique du savant qui a si souvent éclairé les classes laborieuses sur leurs droits comme sur leurs devoirs. Nous attendons la seconde partie de ce travail pour parler de l'ensemble.

Conseils

pour faire fortune. Prix: 3 sous. Jules Renouard, libraire. Ingénieuse reproduction et commentaire de la Science du bonhomme Richard.

Explication da Tableau géographique et statistique des 900 Représentants

de l'Assemblée nationale élus les 23-24 avril 1848.

Ce tableau contient dans 900 carrés de dimension uniforme le nom, la profession de chaque représentant avec le nombre des milliers de voix qu'il a oblepues dans l'élection.

Les carrés forment des groupes séparés par départements, qui sont rangés par

ordre alphabétique, et leur ensemble exprime à l'æil l'importance relative de chaque département, quant au nombre de ses représentants et de sa population (40,000 habitants nommant un représentant). Au-dessus de chaque groupe, est placé le nom du département, précédé du chiffre des députés qu'il élisait autrefois et suivi de celui des représentants qu'il nomme aujourd'hui. Dans les carrés, outre le nom des représentants, leur profession et les milliers de voix qu'ils ont obtenues, sont placés au bas et en petits caractères les noms de tous les députés qui faisaient partie de la chambre le 24 février passé, et l'on reconnait ceur d'entre eux qui ont été élus représentants par une crois placée près de leur nom. Deux bandes de la hauteur du tableau et placées sur ses côtés contiennent la liste alphabétique des représentants et le nom des départements auxquels ils appartiennent. Dans l'angle sud-est est placée l'explication des couleurs em. ployées dans l'enlumination du tableau. Ces couleurs l'animent et le font pénétrer dans l'esprit d'une manière singulièrement lumineuse et très-agréable à la vue par la douceur, la fraicheur et l'élégance des leintes. La couleur tricolore horizontale indique le président de l'assemblée nationale; celle tricolore perpendiculaire distingue les cinq membres de la commission exécutive; le rose désigne les anciens députés; le jaune, les fonctionnaires ; l'orange, les militaires ; le bistre, les ecclésiastiques ; le bleu, les ouvriers, et le vert le reste. Celle classification pourrait se modifier d'une foule de manières différentes, et nous le ferons au gré des personnes qui souscriront pour plusieurs exemplaires. Au surplus, en achetant des exemplaires en noir, chaque personne pourra faire d'une manière facile et amusante des statistiques à son point de vue de l'assemblée nationale, en distinguant par des couleurs ou des barres à l'encre les nuances politiques de l'assemblée, les votes importants, etc. Le tableau de l'assemblée nationale imprimé sur une feuille de près d'un mètre, colorié en plein et glacé, se vend. 2 fr. 50 c. Pour les abonnés de la Revue Britannique, 1 fr. 50 c.

Collé sur toile avec bâtons. 7 fr.

Dès que les 18 comités de l'assemblée nationale seront constitués, nous livrerons des exemplaires de notre tableau avec l'indication, par le coloriage, de cette division capitale de l'assemblée.

REVUE

BRITANNIQUE.

Economie Politique.

Agriculture.

DES EFFETS DE LA DIVISION DE LA PROPRIÉTÉ EN FRANCE,

Par la crise révolutionnaire qui agite toute l'Europe, menaçant tel état d'une simple transformation politique, tel autre d'une transformation sociale, les deux questions qui priment toutes les autres, sont la question de l'organisation du travail et celle des droits et devoirs de la propriété. Les divers articles insérés dans la Revue Britannique sur ces graves matières, les uns de notre propre rédaction avec des documents anglais, les autres traduits plus littéralement des Revues, n'ont pas épuisé la thèse : ce nouvel article, plus spécial, se rattache encore aux intérêts sociaux que nous avons essayé de défendre en parlant du communisme. Il est antérieur à cette révolution de février, qui est tout à coup venue ouvrir l'arène à loutes les attaques directes et indirectes contre ceux qui possèdent aujourd'hui quelque chose n'importe à quel titre. Quel est le légitime propriétaire du sol ? Est-ce l'état? Est-ce chaque particulier par droit d'acquisition ou d'héritage ? Quelles sont les conditions du privilége de la propriété, ou de ce qu'on appelle la propriété, comme disent certains philosopbes qui n'ont pas encore trouvé leur dernière définition ? 64 SÉRIE.

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TOME XV.

Voilà ce que nous entendons demander depuis quelque temps, et ce qui provoque les réponses les plus hardies, les insinuations les plus inquiétantes. Nous reviendrons sur les théories. Aujourd'hui nous publions un article tout à fait spécial, qui montre qu'en Angleterre comme en France, deux opinions contradictoires sont en présepce sur les avantages et les désavantages de l'agglomération des domaines en un petit nombre de mains, sur les grosscs fermes et les fermes subdivisées, etc. Dans les deux pays, disons-le sans craindre de dénoncer pous aussi une classe à une autre, une de ces causes est une cause aristocratique; les démocrates anglais, on l'a vu dans notre article sur les chartistes, réclament le libre-échange de la terre comme celui de toutes les denrées ; les conservateurs, grands propriétaires, n'ont défendu si obstinément la protection de la production anglaise que parce qu'ils croyaient défendre les avanl-postes de la protection des domaines substitués. Du système du morcellement des fermes on arrive tout droit à une nouvelle foi sur les héritages. La propriété anglaise n'en est encore à luller que contre les économistes; mais les substitutions d'Écosse sont déjà parlementairement condamnées comme celles d'Irlande. On conçoit donc que l'exemple de la France doive vivement préoccuper les publicistes britanniques. Plus d'un article de Revue, plus d'un volume ont été publiés à ce sujet depuis quelques années. Récemment encore, le célèbre Stuart Mill vient d'y consacrer plusieurs chapitres de ses Nouveaux éléments d'économie politique. L'article que l'on va lire doit être suivi d'un autre qui envisagera la question à un point de vue différent; car celui de celte livraison est emprunté à une Revue tory, qui a pris pour texte un ouvrage dicté par la peur des envahissements de la petite propriété sur la grande, et l'autre, se fondant sur la même statistique, conteste le point de départ comme les conclusions de l'ouvrage et de l'article. Notre impartialité babiluelle nous fait un devoir de donner autant que possible sur toutes les questions controversées le pour et le contre. Ajoutons que pour nous, nous avons en cette matière une sorte d'opinion mixte , qui nous ferait redouter l'énorme accumulation de la propriété en un petit nombre de mains, non moins qu'un système qui tendrait à sa subtivision infinie. Au reste, la Quarterly Review elle-même avoue, malgré Ses traditions ultra-aristocratiques, que personne ne semble nier les avantages d'une division et surtout d'une divisibilité de la propriété dans des limites raisonnables, en rapport avec la circonstance, la condition des fortunes, les relations mutuelles da capital disponible d'un pays, et l'étendue des domaines héréditaires.

Qu'on ne se contente donc pas de voir dans l'article que nous puBlions aujourd'hui et celui qui le suivra, les pièces du procès entre la

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