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Essai sur L'HOMME. Ep. III. 71 jour x nuit: qu'elle le soit sur tout au Prêtre qui prêche, au fidèle qui prię.

Considere le monde où tu es pla. Tout l'ucé; examine cette chaîne d'amour nivers est qui rassemble & réunit tout ici bas un fiftecomme en haut. Vois la nature fé fociété. conde travailler à cet objet; un atome tendre vers un autre atome, & celui qui est attiré, en attirer :: un autre figuré & dirigé pour embrasser fon voisin. Vois la matiére, variée sous mille formes dif férentes se presser vers un centre commun, le bien général: un végétatif mourant est le foûtien de la vie d'un autre, & quelques fois se diffout pour vivre une vie nouvelle : une forme qui ceffe d'être est succédée par une autre forme, passant alternativement de la vieši la mort, de la mort à la vie. semblable à une bulle formée sur la mer de la nature, elle s'élé. ve, elle créve, elle retourne å la mer. Il n'y a rien d'étranger ; toutes les parties sont relatives

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au

rement

au tout. L'esprit universel qui s'é. tend par tout, qui conserve tout, unit tous les êtres, le plus grand au plus petit. La bête est utile à l'homme, & l'homme eft utile à la bête. Tout est servi & tout fert. Rien n'existe à part: la chaine

se perpétue : où finit elle? Rien Homme infense, Dieu aura.t il n'est fait travaillé feulement pour ton bien, ni entié.

ton plaisir, ton amusement, ton pour lui. ornement & ta nourriture ? Cemême, lui qui nourrit pour ta table le ni entié- fan folâtre, a pour lui émaillé les

prairies. Est-ce à cause de toi que

l'allouette s'éléve dans les airs, utres.

& qu'elle gazouille? La joyé excite fes chansons, elle agite ses aîles. Est-ce à cause de toi que la linotte fait retentir ses accens? Ce forit ses amours & ses propres trésfaillemens qui enflent fon gosier. Un fier coursier 'pompeusement manégé, partage avec son cavalier le plaisir & la gloire. La femence qui couvre la terre est-elle à toi seul ? Les oiseaux reclameront

leur

rement

pour les

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grain. Eft-ce à toi seul qu'apartient toute la moisson dorée d'une année fertile ? Une partie paye & justement, le labour du bouf qui la mérite. Le porc qui ne laboure point, & qui n'obéit point, a la voix de l'homme, subsiste par les soins de ce prétendu maître & Seigneur de tout.

Sache donc que tous les enfans de la nature partagent ses foins. La fourrure qui échauffe le Monarque a auparavant : échauffé l'ours. Lorsque l'homme crie; Vow yez, tout est pour mon service: Voyez l'homme qui est pour le mien , replique l'oison qu'on engraisse. Quel soin pour le garder, le loger, le nourrir & le bien traiter. C'est tout ce que l'oison connoît : il ne sçait pas que c'est pour être mangé. Aussi loin qu'oison peut porter ses connoiffances, l'oi fon raisonne bien ; il se trompe sur les desseins de l'homme, qui sont au-desus de fa portée : il en est : de même de l'homme, plus ois 1. D

fon

fon que l'oison, lorsqu'il prétend que tout soit fait pour un , &

& non pas un pour le tout. Bonheur

Supposé même que le plus fort mutuel des ani régne sur le plus foible, & que

l'homme soit l'esprit & le tiran de l'univers; la nature matte ce tiran. Lui seul connoit & fent les besoins & les maux des autres créatures. Le milan fondant sur un pigeon, frappé de la variété de fon plumage, l'épargnera-t-il? Le faucon écoute-t-il le chant du rossignol ? Le geai admire-t-il les ailes dorées des insectes ? L'homme feut s'intéresse pour tous : il fait jouir les oiseaux, des bois ; les bêtes, des pâturages; & les poissons, des riviéres. Il prend soin des uns par intérêt , son plaifir l'excite à en soigner un plus grand nombre d'autres; & un plus grand nombre encore est lois gné par fa vanité. Tous sublifa tent par les soins d'un maître vain , & jouiffent de l'étendue de bonheur qui nait de son luxe.

maux.

C'est

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Ce ft lui qui préserve contre la
famine & contre les bêtes fauva-
ges, la vie de ce qu'une faim fa-
vante convoitise ; il régale les ani.
maux qu'il destine à son régal :
tant qu'ils existent, il les rend
heureux; ces animaux prévoyans
auffi peu le coup fatal, y étant
aussi peus sensibles, qu’un homi-
me favorise du Cielt prévoit ou;
refsent le coup de la foudre. Ils
ont joui de la vie avant que de
mourit; 'ne devons nòụs pas aulki
mourit après avoir joui de la vie?

Le Ciel favorable à tout être
qui ne pense point, ne lui doni-
ne pas la connoillance inutile de
fa fin: il la donne à l'homme
mais dans un tel point de vûe ,
que dans le tems même que l'hom-
me la craint, Dieu la lui fait fou.
haiter. L'heute étant cachée, la
crainte est éloignée, & la mort

D.2 qui + Plusieurs Anciens, & quelques Orientaux de nos jours, regardent ceux qui font frappés de la foudre comme des personnes facrées & particuliére. ment favorisées du Ciel

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