La plume et le plomb: espaces de l'imprimé et du manuscrit au siècle des Lumières

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Presses Paris Sorbonne, 2006 - 728 Seiten
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L'invention de l'imprimé au XVe siècle - le plomb typographique - n'a pas totalement supprimé la diffusion manuscrite de certains textes - la plume du copiste. Le manuscrit de copie subsiste en France jusqu'à la Révolution comme un procédé de publication réservé, discret, parfois nécessaire, de toute manière échappant aux règles du marché du livre définies dans le règlement de 1723 compilé par le Code de la librairie (1744). Le livre parisien domine en apparence le marché français : il bénéficie de la plupart des privilèges, de solides appuis auprès de la direction du Livre et des censeurs, surtout parisiens, rattachés à la Chancellerie. Cette belle organisation, où le pouvoir politique et la Communauté des Libraires trouvent un intérêt commun, dissimule à peine des pratiques délictueuses aux yeux de la loi, mais explicables au nom de l'économie et d'une chalandise qui ne se satisfait pas des livres à privilèges. Contrefaçons provinciales ou étrangères de production parisienne, " permissions tacites " pour des livres vendus ouvertement mais qui n'existent pas en droit, fausses adresses typographiques, auteurs feints et vrais-faux anonymes : le livre échappe au carcan de la légalité, sinon de l'économie de marché. La censure a beaucoup à faire pour enrayer certains débordements, tout en sachant que le manuscrit interdit à Paris sera publié à Amsterdam ou à Genève pour entrer en fraude à Paris, au seul bénéfice de la librairie étrangère. Les ventes sur catalogue du XVIIIe siècle prouvent que le livre interdit prospère dans les bibliothèques les plus convenables au regard de la loi. Le manuscrit de copie, petite monnaie en apparence de la diffusion littéraire et philosophique, poursuit sa route sans trop se préoccuper de ces mouvements qui le concernent pourtant. Les nouvelles à la main et les correspondances littéraires secondent ou nourrissent les gazettes et les journaux savants imprimés ; les manuscrits philosophiques modernes se flattent d'une diffusion limitée qui les met à l'abri d'une censure d'ailleurs très peu active dans ce domaine tant que le texte ne passe pas au plomb. L'univers du livre imprimé ou manuscrit propose une galerie de portraits sans égale, où se rencontrent magistrats austères, libraires avisés, académiciens prudents, petits et grands délinquants du livre, bibliomanes et copistes à la feuille : un monde dont la Révolution signera la disparition.
 

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Inhalt

Préface par Robert Darnton
7
Publier à Paris à lépoque du Code de la librairie
25
Frontispice des Nouvelles ecclésiastiques 1730 35
35
Thérèse philosophe Londres Reims Cazin ? 1785 59
59
Terrasson Sethos Paris Jacques Guérin 1731
69
Fougeret de Monbron Le Canapé couleur de feu Amsterdam
81
Rocolés Les Impostures insignes Paris F Blanchet 1679
90
Voltaire LIngénu Utrecht Londres Vaillant 1767
96
Censurer lécrit sous la monarchie française
227
Etre censuré sous Malesherbes
251
La censure sur la scène entre Classicisme et Lumières
265
la polémique de presse
285
Censurer les ventes publiques et les amateurs
305
lopinion publique
339
Informer au siècle des Lumières
353
le journaliste au théâtre
365

la mise en nouveau langage de la Diane
177
La Boétie sansculotte 195
195

Häufige Begriffe und Wortgruppen

Bibliografische Informationen