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Eetites, nombreuses, très-rapprochées, d'un eau jaune orange foncé, à anthères jaunes. Individu Femelle, figure 50. — Inflorescence. — Régime relativement petit, peu épais, renfermé dans une spathe acuminée en pointe lors de son premier développement, jaune verdâtre, dressé, non réfléchi, à ramifications distantes, étalées, très-grèles si on les compare à celles des mâles. Fleurs nombreuses, plus distantes que celles des individus mâles, petites, urcéolées, d'un jaune pâle ou verdâtre comme le rachis. La floraison s'opère en avril-mai; les graines mûrissent depuis février jusqu'en avril de l'année suivante. C'est donc un an environ qu'elles restent pour acquérir leur complet développement.

Au point de vue ornemental, les individus mâles sont bien préférables, et l'on peut

même dire que ce sont de très-belles plantes d'ornement.

Les sujets mâles du Chamœrops excelsa sont-ils plus nombreux que les individus femelles? Certains exemples semblent faire pencher pour l'affirmative. Ainsi, à Bordeaux, M. Durieu de Maisonneuve n'a encore observé chez lui qu'un individu femelle, tandis qu'il possède plusieurs pieds mâles. Il en est à peu près de même chez M. Thuret, à Antibes où, nous assure-t-on, tous les pieds (au nombre de quatre) qui ont fleuri sont mâles. A Paris, au Muséum, il en est autrement, jusqu'à présent du moins, puisque sur cinq individus qui ont fleuri cette année, quatre sont femelles. En serat-il ainsi des pieds qui n'ont pas encore fleuri?

E.-A. Carrière.

CALYSTEGIA PUBESCENS

Voici encore une plante remarquablement belle que l'on peut citer parmi les délaissées.

Cette charmante Convolvulacée est vivace, à tige pubescente, volubile, annuelle, de deux à trois mètres, et ressemble assez exactement au Calystegia sepium.

Ses fleurs grandes et très-pleines sont nombreuses, d'un beau rose tendre nuancé d'un rose plus vif, et couvrent complètement la plante de mai à septembre.

bes tiges tracent excessivement, et abandonnées à elles-mêmes courent sur le sol, qui disparaît bientôt sous une masse de fleurs qui forment un magnifique tapis rose du plus bel effet.

Le Calystegia pubescens doit se cultiver en pleine terre. Il est propre à garnir les murs et les treillages; on peut aussi l'employer à former de très-jolis berceaux dans les jardins. Sa multiplication est facile; elle se fait au printemps par la séparation des racines qui sont très-cassantes, et dont le plus petit fragment peut servir à reproduire la plante.

Cette espèce devrait avoir une place dans tous les jardins d'amateurs ; elle ne demande aucun soin, pour ainsi dire, et vient à peu près partout.

Gustave Déhais ,

Jardinier au Fontcnay (Seine-Inférieure).

IBEHIS GIBRALTARICA

Encore une de ces vieilles plantes peu connues et surtout bien rares dans les jardins, où pourtant elle est digne de figurer et où elle rendrait d'importants services.

Son mérite ornemental est au moins égal à celui de son frère, VIberis semperflorens, avec lequel il a pas mal d'analogie. Pourquoi cette espèce si jolie, connue depuis longtemps, puisqu'elle a été décrite par Linné, est-elle encore si rare, en France surtout? Nous ne saurions le dire. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que c'est une très-belle plante qui, nous n'en doutons pas, fera vite son chemin et deviendra même populaire comme l'est VIberis semperflorens.

VIberis Gibraltarica, L., est originaire de la partie méridionale de l'Europe ; on le trouve surtout à Gibraltar ou aux environs, et probablement aussi sur différents points du littoral africain. Il est donc prudent, à Paris, de le cultiver en pots et de le rentrer l'hiver dans une orangerie, ou dans un cel

lier, ou même seulement dans l'intérieur des habitations, lorsque le froid devient trop intense.

Cette espèce est encore très-rare dans les cultures. En France nous ne connaissons guère que M. Thuret, à Antibes (Alpes-Maritimes), qui la possède ; c'est là, d'après un exemplaire vivant, que M. Riocreux a fait le dessin représenté ci-conlre.

Le Gardener's Chronicle (juillet 1868, p. 714) contient quelques détails sur VIberis Gibraltarica; nous en extrayons les suivants rapportés par M. Georges Mauw de Benthall hall, à la date du 19 novembre 1868:

« Puis-je consigner quelques mots d'éloges en faveur d'une très-belle plante rustique, peu connue dans les cultures? Parmi les Thlaspi vivaces, aucun n'est aussi ornemental que celui qui prend son nom du rocher sur lequel il croît (Gibraltar). En avril dernier je m'en procurai et en envoyai en An gleterre des plantes qui depuis n'ont cesé

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de fleurir, et un exemplaire planté dehors en massif, où il reçut les fortes gelées il y a trois semaines, est maintenant tout couvert de jolies fleurs d'un lilas tendre. Le corymbe et chaque fleur considérés isolément sont du double de ceux de VIberis sempervirens; le feuillage et le port sont aussi beaucoup plus grands. Cette espèce parait différer de toutes les autres, par sa générosité à fleurir les bourgeons latéraux dépassant les autres, et les recouvrant de manière à masquer les anciennes inflorescences à mesure qu'elles se flétrissent; elle se multiplie facilement

fiar boutures. La couleur des fleurs est d'un ilas tendre, mais j'en ai trouvé dans les montagnes de Tétuan, dans la Barbarie, une variété à fleurs d'un blanc carné ; malheu reusement je n'ai pu la conserver, mais je crois que l'année dernière MM. Backhouse l'ont introduite de Gibraltar. »

Ainsi qu'on peut en juger par ce qui précède et par l'examen de la ligure que nous en donnons, VIberis Gibraltarica, L., est appelé à jouer un important rôle dans l'ornementation et digne d exciteï la convoitise des amateurs de belles plantes. Il est donc probable que très-prochainement cette espèce sera introduite dans les cultures françaises, et même qu'elle ira augmenter le nombre des plantes qui, entre les mains des fleuristes parisiens, concourent si avantageusement à la décoration des appartements, ce à quoi elle sera d'autant plus propre que, indépendamment de sa rusticité, sa floraison est d'une très-longue durée.

La figure de VI. Gibraltarica donnée par le Botanical Magazine est à fleurs rose carné ; ce fait est-il dû à la modification des couleurs du dessin, ou représente-il une variété du type? L. Neumann.

CULTURE DES ANANAS(1)

Si le cultivateur n'avait pas à compter avec les nombreux accidents qui se produisent dans certaines variétés d'Ananas, il pourrait sinon faire fortune, du moins réaliser quelques bénéfices en introduisant dans ses cultures d'Ananas celle de Fraisiers forcés qui, dans les années favorables à la fructification, augmenteraient considérablement ses béné fices, surtout s'il choisissait avec discernenement les variétés qui se prêtent le plus facilement, à cette culture.

Afin d'augmenter les chances de bénéfice, l'on pourrait encore ajouter contre le mur d'une serre adossée une tablette placée à 1 mètre des vitraux et sur laquelle quelques

Ïùeds de Figuiers cultivés en pot, et qui, par eur produit, viendraient diminuer les frais de culture. Au-dessous de ces tablettes, quelques pieds de Vanille et des cordons de Vignes composés avec les variétés telles que Frankental, Boudalès et Chasselas de Fontainebleau, pourraient aussi, tout en servant à l'ornementation, faire une compensation aux mécomptes parfois trop nombreux occasionnés par des plants d'Ananas infertiles qui dépensent toute leur sève à l'accroissement de leurs feuilles ou d'une quantité prodigieuse d'oeilletons.

Pour tirer parti de ces plantes rebelles à la fructification et que l'on rencontre tout particulièrement dans les variétés dites Princesse de Russie, Martinique, Montserrat, lorsque ces variétés ont dépassé l'époque de la fructification et qu'elles n'ont pas l'apparence de vouloir se mettre à fruit, il faut recourir à un moyen des plus énergiques et ui consiste à les couper près du sol à l'aide 'un outil tranchant. On a donné à cette

(1) Voir Revue horticole, 1870, pp. 38, 52, 187,

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opération le nom de mise à cul-nu. On choisit pour l'opérer le moment où l'on a une couche chaude à sa disposition pour les faire reprendre plus facilement. Les choses étant prêtes, on opère de la manière suivante : à l'aide d'une bêche on coupe chaque plante quelques centimètres au-dessous du sol, afin qu'il reste un moignon de 10 centimètres de longueur et sur le parcours duquel on aperçoive, après en avoir supprimé les feuilles, la présence de jeunes racines qu'il faut conserver avec soin en rafraîchissant avec la serpette la base de la partie coupée à la bêche. On empote ensuite chaque plante dans des pots dont la grandeur égalera la force des plantes, c'est-à-dire de 18 à 22 centimètres, tout en prenant les mêmes précautions que s'il s'agissait de jeunes sujets; on termine l'opération en arrosant chaque plante une à une et en les plaçant sur la couche où elles resteront privées d'air et de soleil jusqu'à leur reprise complète. Au fur et à mesure que d'autres individus plantés à demeure dans les serres à fructification, et dont les fruits mûrissent, seront enlevés, on les remplacera par celles dont il vient d'être parlé en leur donnant les mêmes soins qu'elles avaient déjà reçus lors de leur première plantation. Malheureusement des plantes ainsi traitées donneront toujours de moins beaux fruits qu'une jeune plante robuste. Il en est même qui, quoiqu'on fasse, ne peuvent être mises à fruits.

Les horticulteurs qui font de la culture des Ananas une spécialité cultivent un certain nombre de plantes en pots, afin de pouvoir les livrer et expédier en toute saison. Dans le nombre une certaine quantité fructifient dans ces conditions, et les résultats, quoique moins avantageux qu'avec les plantes livrées à la pleine terre, sont encore assez satisfaisants, si l'on tient compte de la grande quantité qu'on peut mettre dans la serre qui les contient, et les bénéfices qu'ils en retirent, ajoutés à ceux des plantes vendues avant leur fructification, rétablissent l'équilibre à leur avantage, cela d'autant plus que la plupart du temps ces plantes ne sont cultivées qu'en bâches et sous châssis, de sorte qu'on a évité l'installation d'un chauffage toujours si onéreux à établir et à ■eut retenir.

Toutefois, nous devons ajouter qu'un amateur aura de meilleurs résultats avec des plantes cultivées en pleine terre et placées dans une serre adossée ou à deux versants. Cependant lors de la plantation d'automne, et lorsque la serre sera complète, s'il restait des plantes qui n'aient pu être placées, on les mettrait en pots qu'on placerait soit dans les coins de la serre ou sur une couche chaude d'où on les prendrait au fur et à mesure du besoin, soit pour garnir des vides produits accidentellement, soit pour remplacer des plantes qui ont accompli leur fructification.

Maladies et insectes. —L'Ananas est certainement, parmi les Broméliacées, une des •espèces les plus vigoureuses et des plus rustiques ; on ne lui connaît pas de maladie proprement dite; il ne redoute guère que l'excès de sécheresse et d'humidité.

Placé dans cette dernière condition, il pourrit très-facilement, surtout si avec l'humidité stagnante le chauffage ne fonctionne qu'imparfaitement ; aussi pour empêcher cet accident de se produire, suffit-il d'entretenir la terre dans laquelle ils sont plantés entre 30 et 35° centigrades de chaleur. Si, au contraire, les Ananas souffrent de la sécheresse, quelques arrosements faits avec discernement empêcheront la dessiccation des plantes «t préviendront une fructification anticipée. Les insectes sont bien plus à craindre pour les Ananas, et le redoutable Cliermes Bromeliœ, désigné par les jardiniers sous le nom vulgaire de « pou de l'Ananas, » fait-il les plus grands ravages lorsqu'il a pénétré dans une serre à Ananas. Il est rare qu'il s'y développe spontanément; le plus souvent son apparition date de l'entrée dans la «erre de plantes déjà infestées, ou bien de leur ■contact avec des plantes de serre chaude qui en étaient elles-mêmes atteintes ; parfois ces insectes proviennent d'oeilletons étrangers à ses cultures qu'on y a introduits sans les avoir bien visités. Lorsqu'on s'aperçoit du mal, il est parfois trop tard pour s'en débarrasser complètement et avec promptitude, d'autant plus que le Ch. Bromcliœ se multiplie avec la plus grande rapidité lorsqu'il se trouve placé dans des circonstances favorables à son développement.

La femelle de cet insecte est d'un jaune

pâle légèrement grisâtre, de forme arrondiel La coque du mâle légèrement bombée e de forme elliptique devient après sa transformation d'un brun clair parsemé de points jaunâtres. Appliqués contre les feuilles des plantes, ces insectes en altèrent et en affaiblissent la végétation ; s'ils attaquent les fruits, ceux-ci prennent un aspect tellement désagréable qu'on est parfois obligé de les laver ; mais alors et quoi qu'on fasse, ces fruits sont toujours d'une vente difficile et peu productive.

Plusieurs procédés sont mis en pratique pour détruire ces insectes, qui se réfugient à la base des feuilles, où îl est souvent difficile de les voir. Si l'on n'avait affaire qu'à quelques plantes, il serait assez facile, avec un peu de temps, de les débarrasser à l'aide d'une petite brosse de peintre qu'on trempe dans de la nicotine (extrait de tabac), opération qu'on doit recommencer tous les huit à dix jours, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à nettoyer complètement les plantes.

En Allemagne, nous avons vu un jardinier débarrasser ses plantes du C. Bromeliœ en les enduisant a"vec un lait de chaux semblable à celui dont on se sert pour blanchir les vitres. Aucun insecte ne résista à ce procédé; mais, ainsi qu'on peut le penser, les plantes ainsi traitées présentent un aspect tellement désagréable qu'elles perdent leur valeur commerciale.

Nous avons nous-môme employé plusieurs procédés qui ne nous réussissaient que bien médiocrement, lorsque nous eûmes l'idée d'employer de la nicotine, que les manufactures impériales des tabacs livrent au commerce à raison de 30 cent, le litre (1). Le succès ayant été complet, ayant même dépassé nos espérances, nous engageons vivement les cultivateurs à l'employer.

Si l'on devait faire une plantation avec des œilletons qui sont envahis par des C. Brotneliœ, voici comment l'on devrait procéder: Vers le mois d'août, et lorsqu'on fait sa provision d'oeilletons, on place ceux-ci dans un local sain et éclairé, où on les laissera environ une dizaine de jours, afin que l'évaporation aqueuse de leurs feuilles se fasse dans de bonnes conditions. Le but de cette opération est de rendre les feuilles assez fermes pour qu'elles ne se ramollissent pas dans le bain de nicotine que l'on prépare de la manière suivante:

Dans un vase assez large et profond pour que les œilletons puissent y être placés debout ou couchés, on met de la nicotine que l'on étend dans la proportion de dix litres d'eau pour un litre de nicotine. La quantité

(t) Pour se procurer de ces jus de tabac, il suffit de faire une demande au directeur d'une manufacture impériale de tabac. Cette demande doit être apostillée par le maire de sa commune. Le litre est vendu à raison de 0,30 cent., vase non compris.

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