Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

qu'eux, ils sont à portée de pouvoir entreprendre ou négliger bien des choses utiles et comme c'est d'eux d'ailleurs que dépend l'Execution, ils sont à tous égards des personnages de grande conséquence. On devroit donc mettre beaucoup plus d'attention à leurs choix qu'on n'y a mis jusqu'à présent, et ne donner ces Places qu'à des Personnes douées de toutes les qualités et de tous les Talents nécessaires; Mais il faudroit aussi les mieux payer, ou au moins leur accorder aux fraix de la Cour quelques Subalternes assez habiles pour pouvoir les aider et les soulager dans les materialités de leur gestion.

Quinto: Ce qui pourroit enfin encore exciter et encourager peut-être beaucoup le zèle et la diligence dans tous les Departements, ce seroit d'établir, à l'exemple de ce que je fais pour les Départements des Païs-Bas et d'Italie, que les Chefs et tous ceux qui sont chargés de quelque Administration, au moyen d'un Rapport par écrit d'orenavant au commencement de chaque année rendroient à Votre Majesté historiquement un Compte général de tout ce qui a été fait dans leurs Départements pendant l'année écoulée, soit en suite des ordres de Votre Majesté, soit par un effet de leur zèle et de leur sagacité. L'occasion de pouvoir faire connoitre et valoir le Bien que l'on fait n'est pas peu propre à engager les hommes à s'évertuer, et moyennant cela je crois, que non seulement cet Etablissement pourroit être utile, mais qu'il devroit même être agréable à tous ceux, auxquels il seroit ordonné.

10° Ce qui merite encore une très grande attention de la part du Prince, c'est le choix de ses serviteurs. De leur façon de penser et de leurs Talents dépendent leurs Conseils et leurs Actions, et de l'un et de l'autre conjointement le Sort des affaires.

Cette attention est encore plus importante dans le choix de ceux d'entr'eux qui sont destinés par leurs Places à en diriger d'autres. Dans cette Categorie de personnes surtout, le Coeur et une bonne et saine Morale doivent être envisagés comme des qualités essentielles, et sans lesquelles l'Esprit, les Talents et le Genie sont bien plus dangereux qu'ils ne peuvent être utiles, Mais aussi lorsqu'on a eu le bonheur de trouver de ces sujets, rares dans tous les siécles, qui reunissent toutes les qualités desirables du Coeur et de l'Esprit, il faut, lorsqu'on veut les engager à se vouer au service de l'Etat, à Lui sacrifier

leur Liberté, leur Tranquillité et leurs propres affaires, à lui consacrer tous leurs soins, à renoncer enfin à eux-mêmes par zèle de bon Citoyen, il faut, dis-je, si on veut les garder, les traiter avec tous les égards que meritent des hommes de cette espece, et, si j'ose le dire, leur témoigner même qu'on les honore de son amitié, si, comme il est toujours désirable, on veut en être aimé reciproquement.

Il convient aussi, sans toute fois leur abandonner absolument la Collation de toutes les Places de leurs Subalternes, de ne pas s'écarter cependant facilement du choix des personnes qu'ils proposent, parcequ'ils peuvent et doivent naturellement les connoitre beaucoup mieux que la Cour, et que l'on risque d'autant moins en s'y rapportant, qu'en les proposant ils se rendent pour ainsi dire leur Caution, et deviendroient responsables des Sujets incapables que par faveur ou des vues secondes ils auroient osé proposer.

Il convient également, de ne se déterminer à mettre dans les Places Superieures des Gens qui n'ont pas eu occasion de se former auparavant dans les Emplois Subalternes, et autant qu'il se peut même de la même Categorie que dans les cas très rares où il se presente quelqu'un d'un genie superieur: attendu que généralement il est certain, que l'on ne peut attendre naturellement que rien qui vaille d'un Conseiller, par exemple, auquel on confieroit la Direction de Provinces entieres et d'Administrations importantes, qui n'en connoitroit pas même le Local et n'auroit jamais appris son métier ni en pratique ni en theorie; Et que d'ailleurs tant et aussi longtemps que les Places se trouvent occupées par des sujets ineptes et incapables, il pourra d'autant moins être question d'en diminuer le nombre, que la multitude d'Employés, qui existe actuellement, suffit à peine à la simple materialité de l'ouvrage journalier, qui sans doute pourroit être fait avec moins de gens s'ils étoient plus habiles et plus capables.

11° On se plaint chez nous du manque de Sujets, et je ne saurois disconvenir, qu'il en est peu d'une certaine distinction, et que c'est surtout dans la partie des Finances et pour les affaires majeures qu'il peut y avoir quelque disette, mais indépendamment de ce qu'il n'y en a pas et qu'il n'y en a jamais eu beaucoup dans aucun temps et dans aucun lieu, je dois observer encore, que ce n'est peut-être pas tant, parce

qu'il n'y a pas des hommes, que parceque l'on en exige communement trop ici, qu'on les charge de trop de choses différentes et qu'on veut en un mot des hommes Universels, qui sont rares par tout païs du monde, qu'il semble que l'on en manque. Un homme a bien son prix lorsqu'il sait bien une seule chose. Il s'en trouveroit peut-être beaucoup ici de cette Categorie, et je crois moyennant cela, que si, au lieu de trop exiger des hommes, on mettoit toujours chacun à sa place et en oeuvre pour ce qu'il peut valoir, on s'apercevroit peut-être beaucoup moins, que l'on en manque.

120. Le Talent de savoir recompenser et chatier à propos est d'ailleurs une des parties les plus essentielles de l'Art de gouverner; Et il est certain, que tout Prince qui saura manier ces deux grands moyens avec équité et sagacité, fera des hommes tout ce qu'il voudra, et rendra faciles les choses du monde qui paroissent souvent les plus impossibles. La crainte seule et les Chatiments peuvent suffire dans les Gouvernements despotiques, mais dans les Monarchiques et lorsque l'on a à faire à des Nations civilisées, il faut nécessairement y associer les Recompenses, à moins que l'on ne veuille étouffer dans tous les Esprits une certaine Elevation d'ame et l'Amour du Prince et de la Patrie, et se priver moyennant cela de l'avantage de tous les grands effets, que la façon de penser et le sentiment peuvent produire, indépendamment de la Satisfaction qu'il y a, d'être plutôt l'objet de l'amour de ses Sujets que celui de leur aversion, et du plaisir, dont doit jouir une belle ame, de gouverner plûtôt des Etres pensants et libres que des Automates et de vils Esclaves.

Je crois qu'il est temps de terminer enfin ces très humbles Réflexions, que j'ai couchées pour obeïr aux Ordres de Votre Majesté et que le zèle le plus pur m'a dictées. Je sens parfaitement que ce n'est que des principes généraux, et des verités très communes, mais je n'ai pû traiter différemment une si grande quantité d'objets, que malgré ma prolixité aussi bien je n'ai encore pû qu'effleurer pour ainsi dire; et d'ailleurs il est impossible de passer aux détails avant d'avoir établi tous les principes généraux nécessaires à leurs discussions. Je pourrois cependant par la suite traiter des objets d’ameliorations particuliers d'après les principes que j'ai établis dans ce Memoire, supposé que Votre Majesté les trouve justes et con

formes à ses Vues, et actuellement après ne m'être deja que trop étendu, il ne me reste, qu'à supplier Votre Majesté, de daigner excuser en faveur de la pureté de l'Intention, la liberté avec laquelle j'ai osé m'expliquer, et à esperer de sa Bonté avec la Confiance la plus respectueuse, qu'Elle daignera apprecier tout ce que j'ai dit, beaucoup plus d'après la bonne Volonté qui l'a dicté, que d'après son peu de valeur.

à Vienne, ce 18 Fevrier 1766.

VII.

Allerunterthänigstes Gutachten des Hof- und Staats-Canzlers, Fürsten von Kaunitz - Rietberg, die Religions - Irrungen in

Mähren betreffend.

13. October 1777.

Hundert Jahre vor der sogenannten Reformation haben sich schon unter der Benennung Calixtiner, Utraquisten oder Hussiten, mehr oder weniger Irrglaubige in Böhmen, Mähren und Schlesien befunden.

Diese haben nach der Hand die Augsspurgische Confession angenommen, und sich seit deme in obgedachten Landen forthin nach Zeit und Umständen, oder öffentlich, oder in geheim erhalten.

In geheim unter Kayser Ferdinand I., welcher dieselbe nicht dulden wolte.

Offentlich hingegen unter Rudolpho und Mathia, welche beyde Kayser denenselben nicht nur, sondern allen andern Gattungen von Irrglaubigen das offentliche und unbeschränkte Exercitium Religionis zugestanden haben, mit alleiniger Ausnahme der Domanial- und Kirchen-Güter.

Unter Ferdinando II. hingegen wurde diese Toleranz wieder aufgehoben, und seit der Zeit ist solche nicht nur nicht wieder verstattet, sondern durch öffentliche Patente, deren letzteres Ao. 1726, unter Regierung Kayser Carl des VI. Gl. And. ergangen, und Ao. 1754 von der jetzt glorreichest regierenden Kayserinn und Königinn Mayt. ohne wesentlichen Unterschied erneuert worden, der Irrglaube als ein Verbrechen unter den schärfesten Bestraffungen untersagt worden.

Diesem ohngeachtet hat sich solcher jedoch unter einem grossen Theil sonderlich des Bauern Volks in Mähren, sowie in den übrigen oberwehnten Provinzen erhalten, Theils weil man von Seite des Staats mit vieler Mässigung wohlbedächtlich zu Werke gehen zu sollen erachtet, und zum Theil weilen einige der Irrglaubigen durch äusserliche Ausübung der herrschenden Religion sich zu dem wahren Glauben zu bekennen geschienen, und man dahero dissimuliren zu können geglaubet hat.

Allein in diesem Jahre hat ein unbescheidener Missionarius verschiedenen zugemuthet, dass sie sich erklären sollten, ob sie Catholisch oder Lutherisch wären, und hat diese unüberlegte Zumuthung mit der beygefügten Versicherung, dass man weder Zwang noch Bestraffungen zu besorgen habe, verschiedene ganze Dorf-Gemeinden in Mähren zur offenbaren schriftlichen Erklärung, dass sie Lutherisch seyen und bleiben wolten, ja sogar zu anderweiten sträflichen Ausschweifungen verleitet.

Nach dieser kurzen Abschilderung des Hergangs bis auf gegenwärtige Zeiten kommt es also auf die Fragen an:

Was dermahlen zu verfügen seye.

Von keiner Entschliessung kann natürlicher Weise die Frage seyn, welche mit denen Satzungen des wahren Christenthums und der Wohlfarth des Staats unvereinbarlich wäre.

Zuvörderst wird also zu bestimmen seyn:

Was in gegenwärtigem Fall denen Satzungen des wahren Christenthums, und der Wohlfarth des Staates gemäss seye.

Nun sind die Lehre sowohl als das Beyspiel Christi und seiner Aposteln allem Gewissens-Zwang, aller Gewalts-Ausübung gegen Irrglaubige offenbar zuwieder.

Einem Landesfürsten, welcher das Christenthum für sich und in seinem Staat an- und aufgenommen hat, verbiethet also die Lehre und das Beyspiel Christi, Irrglaubige als Verbrecher anzusehen und zu behandeln. Vi supremae potestatis in Principatu, kraft welcher keine von denen Religionen, welche dermalen in dem Staate sind, daselbst wären, wofern der Landesfürst an deren Statt ursprünglich andere darinnen aufzunehmen für gut befunden hätte, stehet es also ungezweifelt bey Ihme, Irrglaubige Christen in seinem Staate nicht aufzunehmen.

« ZurückWeiter »