Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

III. — Variétés à Heurs pleines1

B. Alfred Neuner.

B. Hogarthii flore pleno.

B. Président Garfleld,

B. Sang Lorrain.

B. Triomphe de Nancy.

B. Victor Lemoine.

Tous ces Bouvurdias se trouvent chez
MM. Thibaut et Keteleer, horticulteurs à
Sceaux, où on pourra se les procurer. A
ceux qui aiment les coloris rouge éclatant,
nous recommandons particulièrement le
Président Cleveland.

E.-A. Carrière.

DE LA PRODUCTION DES BONS YINS DE TABLE

La région de l'Olivier, si éprouvée de-
puis l'invasion du phylloxéra, a été favori-
sée cette année. La récolte du Blé a été assez
bonne, les fruits ont été abondants et beaux;
nous avons cueilli une quantité tout à fait ex-
ceptionnelles d'Olives saines, et la vendange a
dépassé les espérances les plus optimistes.
Les propriétaires qui ont doublé leurs pro-
duits ne sont pas rares; plusieurs n'ont pu
loger toute leur récolte, malgré des ventes
considérables de Raisins frais. Enfin, grâce
aux larges plantations de l'Hérault et du
Gard, aux grands produits des Vignes sou-
mises à la submersion, la production des
vins d'abondance doit suffire à la consom-
mation française, leurs bas prix rendant
inutiles les petits vins que nous envoyait
l'étranger.

Il n'est est pas de même des bons vins de
table pour lesquels nous devons encore re-
courir à l'importation. Ce sont eux que,
petits et moyens propriétaires, nous devons
produire et améliorer par les soins donnés à la
vinification, et par le choix de bons cépages.

Ce n'est pas avec les producteurs directs
américains que nous pouvons les obtenir. Il
faut, comme nos concurrents, les demander
au Vitis vinifera, et il appartient à chacun
de nous de rechercher les cépages qui, dans
notre Midi, donnent le meilleur produit en
quantité suffisante, pour que la culture en
soit rémunératrice.

J'ai indiqué précédemment dans la Revue*
les plants que j'avais adoptés pour la plan-
tation des coteaux : Boudalais, Ugni blanc,
Etraire de l'Adkui, le Mourvèdre, et quel-
ques souches d'Alicante-BouscJict pour
augmenter la couleur.

Pour nos plaines riches, profondes, un
viticulteur de grand mérite, un maître en
œnologie, M. Ferdinand Girard, de Gar-
danne, a adopté deux cépages qui réunis-
sent les qualités recherchées, tels que la

1 Les fleurs de ces variétés sont relativement
très-grandes, bien pleines, et simulent assez bien
des renoncules en miniature.

* V. Revue horticole, 1887, p. 406.

résistance au mildew, la vigueur, la bona
production et une parfaite adaptation aux
racines américaines, le Castet bordelais, et
le Cot ou Malbec.

Ce dernier ne craint pas l'oïdium; il se
défend facilement contre le mildew par les
solutions cupriques. Le Castet brave le
mildew et ne craint pas l'oïdium dont, au
reste, on le garantit très bien par le soufre.
Ces plants sont sains, vigoureux: ils ne
craignent pas la taille épuisante, et ils font
excellent ménage avec l'américain. Le Cas-
tet, seul, donne un bon vin de table et
même un vin de coupage, tellement il est
foncé. Réunis, ils ont produit ce bon vin de
bourgeois que nous cherchions, plus et
mieux que les plants du pays; ils se sont
très bien accommodés du sol des plaines de
notre département, même des terres caillou-
teuses. Ils produisent beaucoup et font un
bon vin frais et parfumé; le Cot plus léger,
le Castet plus foncé. Si l'on veut donner à
ce vin une touche plus relevée, il faut y
joindre le Gabemet qui est, pour M. Girard,
le roi des cépages. Il produit suffisamment,
greffé, et il donne un vin superbe et très-
bouqueté. L'Étraire de l'Adlmi peut rem-
placer le Cabernet, mais de loin.

Voilà donc deux plants à introduire dans
nos cultures; s'ils suffisent à une bonne vi-
nification, ce que les travaux de M. Girard
nous permettront bientôt de savoir, il n'y
aura pas à chercher autre chose pour faire
un bon vin bourgeois.

Notre Mourvèdre, YEspar du Langue-
doc, produit un bon vin très-coloré; il donne
suffisamment, mais il vient assez mal sur
sujet américain; on doit le réserver pour la
plantation directe dans les terres non phyl-
loxérées, et le traiter par les insecticides.

Le Carignan est vigoureux et produit
abondamment un vin corsé et bon, mais ce
vin est altérant; le cépage est très-sensible
au mildew, à l'oïdium, etc.

Les vins précoces du Midi, obtenus de
YAlicante-Bouscket, se vendent à de bons
prix, en septembre, pour rafraîchir les vins
de l'année précédente. Le Portugais bleu, qui a réussi on ne peut mieux dans nos terres de coteaux et de plaine, qui s'y est montré très-vigoureux et bien fertile, nous donnerait un excellent vin, vendable fin août, mais sa nuance bleuâtre ne convient pas au commerce. Nous cherchons, ainsi que M. V. Pulliat, le cépage de même époque que nous pourrions lui associer pour lui donner une couleur marchande. J'essaierai, à la prochaine vendange, le Bellijio, excellent raisin noir de table, hâtif, ayant donné cette année 10 degrés au glucomètre, l'Agostenga ou Vert de Madère, raisin blanc très-sucré, bien sain et productif dans le Midi; la Madeleine royale, donnant en abondance de belles grappes qu'il faut cueillir un peu vertes pour éviter la pourriture à laquelle ce raisin est sujet; le Malvoisie rose et enfin le Gamai précoce de MM. Baltet frères, qui est à l'étude.

M. Pulliat doit essayer d'autres cépages à associer au Portugais bleu; il indiquera ainsi, avec la compétence et l'autorité les plus grandes, quelles sont les Vignes qu'il faut cultiver dans les régions où la maturité est difficile.

L'extension du vignoble français est une œuvre nationale à laquelle doivent concourir tous ceux qui aiment notre pays et qui possèdent une terre grande ou petite. Quelle production nous obtiendrions si l'on plantait, devant chaque habitation, quelques Vignes vigoureuses? Nous en voyons dans des cours et dans nos faubourgs, qui, sans autres soins que la taille de la treille, donnent chaque année de nombreuses grappes. En les plantant en Raisins à vins, et en choisissant les variétés à fruits un peu âpres, ou tenterait moins les passants et on produirait une excellente boisson dont nous

sommes très-satisfaits, et qui est trèséconomique.

Nous pressons dans une petite cuve tous les Raisins qui ne peuvent aller au marché; nous y ajoutons de l'eau, en proportion de la force à donner à cette piquette, et nous obtenons, après trois jours de fermentation, une boisson saine, agréable au goût, dont on entretient la bonté en ajoutant, chaque semaine, de l'eau et de nouveaux Raisins.

On peut lui donner une qualité encore supérieure en réservant, pour cet usage, les grappes des plants nobles: Pineaux, Cabernets, Syrrah, etc. C'est le meilleur emploi que le collectionneur puisse faire de ces raisins d'élite, quand il en a peu de souches.

Voilà trois ans que cette riche piquette est la seule boisson de ma famille, de fin juillet à fin novembre, et j'engage les lecteurs de ce journal à l'essayer.

En cultivant quelques Vignes de maturités échelonnées, celui qui vit à la campagne aurait pendant 5 à 6 mois cette excellente boisson, bien supérieure, pour le goût, au vin de Raisin sec. On commencerait par le Malingre et on finirait par la Clairette qui se conserve cueillie jusqu'en janvier.

Un de mes gains, un fils de la Madeleine angevine, la Madeleine Céline, plus hâtif, plus doux et plus sain que le Malingre, serait excellent pour cet emploi. Je ne l'ai pas multiplié, parce que sa grappe serait trop petite pour le marché, mais je vais l'étudier au point de vue de la production du vin, et je ne le répandrai que s'il me parait méritant. Nous, semeurs, avons besoin de beaucoup de prudence pour ne pas encombrer les catalogues de gains inférieurs aux variétés similaires. Paul Giraud.

BAKER1A TILLANDSIOIDES

Un des amateurs les plus distingués qui s'occupent des Broméliacées dans notre pays, et qui, sans conteste, en a réuni la plus nombreuse collection (puisque le nombre de ses numéros distincts a dépassé 350), M. A. de la Devansaye, a eu la bonne fortune de voir fleurir, l'été dernier, dans ses serres du Fresne, une plante de cette famille appartenant à un genre nouveau

La plante avait été reçue par lui sans étiquette, comme venant du Brésil. Elle ressemblait plutôt à un Tillandsia (par

exemple, le T. tectorum, Morr. (T. argentea, Korh) qu'à autre chose. On attendait patiemment sa floraison pour l'étiqueter.

Mais voilà qu'une inflorescence se développe, présentant une hampe grêle, pyramidale, couverte de rameaux simples, peu nombreux, se couvrant de petites fleurs violettes. Nous en fîmes faire une aquarelle pour la Revue liorticole. Mais, quand il s'agit de la faire rentrer dans un genre connu de Broméliacées, l'embarras fut grand.

Tout compte fait, il s'agissait d'un genre nouveau, que je décris ci-dessous, et auquel

[graphic][ocr errors][ocr errors][merged small]

je suis heureux de donner le nom de Bakeria, en l'honneur de M. J.-G. Baker, le savant botaniste de Kew, qui a tant décrit de Broméliacées nouvelles et connaitsi bien cette famille '. C'est d'ailleurs avec satisfaction qu'il a accueilli la proposition de voir son nom attaché à un ordre de plantes qu'il affectionne particulièrement.

Le genre Bakeria se rangera entre les genres Brocchinia et Cottendorfia. Du premier de ces genres il se rapproche par son ovaire, et s'en éloigne par la forme de ses feuilles, tandis qu'il présente un périanthe analogue à celui des Cottendorfia. En voici, d'ailleurs, la description:

Périanthe inséré au-dessus de la moitié de l'ovaire. Sépales petits, ovales. Pétales oblongsobtus, 4 fois plus longs que les sépales. Étamines égalant les pétales, insérées suivant une ligne simple et régulière; anthères ovales, dorsiïixes, versatiles. Ovaire semi-infère, dressé, trigone et triloculaire; ovules nombreux, superposés; style et stigmates très-courts, non

tordus. Capsule petite, sèche, claviforme-trigone, à 3 valves septicides à sommet libre.

Feuilles rosulantes, lépidotes-argentées, dilatées à la base, brusquement rélrécies-aiguï-s, tordues, décurves. Panicule terminale, lâche, dressée, haute de 40 à 50 centimètres, grêle, à rameaux lâches accompagnés chacun d'une bractée basilaire peu développée, oblongueaiguë. Fleurs à pédicelles égalant le diamètre de la corolle, qui est de 8 millimètres, chacune accompagnée d'une bractée minuscule, disposées sans ordre autour des rameaux, plus abondantes au sommet; pétales étalés, violets striés. — Brésil?2

Tels sont les traits principaux qui caractérisent cette singulière plante, qui ne manque pas d'intérêt horticole par son joli feuillage argenté et à laquelle ses panicules légères de fleurs violettes prêteront une grâce de plus. On la cultivera en serre chaude ou bonne serre tempérée, où elle ne réclamera d'ailleurs aucun soin particulier.

Ed. André.

PLANTATION DES ARBRES FRUITIERS EN SOUS-SOL IMPERMÉABLE

Nous avons suivi avec intérêt, dans le Journal d'Agriculture pratique, une petite discussion, qui s'est élevé entre M. Nanot et M. Paul Hérissay, sur la plantation des arbres fruitiers en sous-sol imperméable. Comme c'est une question qui intéresse directement l'arboriculture fruitière, je crois devoir présenter, aux lecteurs de la Revue horticole, les principales pièces du débat; elles permettront de juger en connaissance de cause. Il n'y a peut-être pas, en effet, de question plus importante, dans la plantation des arbres, que celle qui a trait à la préparation du sol. Le plus souvent le succès est intimement lié à sa bonne ou mauvaise exécution.

Le Journal d'Agriculture pratique, dans son numéro du 25 octobre dernier, donnait, sous la signature de M. Nanot, quelques conseils sur la préparation du sol, etc., pour la plantation des arbres à fruits à cidre. Dans ces conseils, M. Nanot s'exprimait ainsi: « Si le sous-sol argileux est imperméable, il est très-utile de le défoncer avant la plantation, afin de le rendre perméable aux racines et à l'eau. Les trous de défon

1 Seemann avait jadis fondé un genre Bakeria (Journ. bot., II, 241), de la famille des Araliacées, mais ce genre a été immergé, par les auteurs du Gênera Plantarum, dans le genre Plerandra d'Asa Gray.

cément doivent avoir, s'ils sont circulaires, lm50 de diamètre et 1 mètre à lm20 de profondeur. »

Il faut croire que ces avis ne sont pas partagés par tout le monde, car M. Paul Hérissay, dans le numéro du 22 novembre du même journal, critique la profondeur du défoncement, ou mieux des trous, faits dans d'un semblable milieu. Ses critiques peuvent se résumer dans ces deux phrases: « Nous croyons que la profondeur est trop considérable, parce que l'expérience nous l'a démontré. Lorsque les racines, après

4 Bakeria, Ed. André, Gen. nov. — Perianthium supra médium ovarii insertum. Sepala minuta, ovata. Pelala oblonga, obtusa, sepalis 4-plo longiora. Stamina petalis xquilonga, basi secus lineam continuai» inserta; antherœ ovata;, dorsifixa:, versatiles. Ovarium semi-inferum, elevalo trigonum, triloculare; ovula permulta, superposita, stylum et stigmata brevissima, recta. Capsula parva, dura, elevato-trigona, septicide 3 valvis, apice libero.

Folia rosulala, argenteo-lepidota, basi dilatata, raox abrupte angustata acuta, contorto-decurva. Panicula terminalis, erecta, laxa, gracilis, 4050 cent, longa, ramis paucis, bractea oblongo acuta basi munitis. Flores bene pedicellati, basi minute bracteati, secus ramos simplices spiciformes quaquaversi, praesertim apice ramorum conferti, 8 mill. diam. petalis violaceis striatis. — Brasilia?

Hoc genus, affine generibus Brocchinia et Cottendorfia, a primo foliorum forma excerptum, ovario tamen simili accedit, et Cottendorfia; perianthio gaudet. Clar. J.-G. Bakero, Bromeliacearum egregio ordinatori, amicissime dicavi. E. A.

« ZurückWeiter »