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-gères ont été acclimatées chez nous; mais il ne nous dit pas a quelle hauteur au-dessus du niveau de la mer ces plantes croissent dans leur pays: donc il ne nous fournit aucune preuve qu'elles aient trouvé chez nous des conditions différentes de celles de leur lieu natal. Des quatre exemples de naturalisation ou d'acclimatation cités par Tuouin, l'un est donc une erreur, et les trois autres sont loin d'être prouvés.

Quant à la naturalisation des plantes des régions plus chaudes que Paris, en les cultivant d'abord en serre chaude, puis en serre tempérée, puis en orangerie, puis enfin en plein air, elle n'est pas mieux fondée. Celles des plantes traitées ainsi, qui n'étaient pas de nature à résistera nos hivers, ne sont jamais parvenues à vivre en pleine terre, et celles qui y vivent auraient vécu de même si on les y eût mises le premier jour de leur arrivée chez nous. Ainsi, après avoir longtemps cultivé en serre les fuchsias, les clerodendrons, la pervenche de Madagascar, l'héliotrope et cent autres plantes, elles ont péri promptement dès qu'on a voulu les confier à la pleine terre. 11 est un arbre magnifique, le julibrissin, qu'on voit de temps à autre à Paris, mais qui n'y vit que quelques années, parce que notre climat est de \ ou 2 degrés trop froid pour lui ; et comme il n'est pas possible à l'homme de changer la nature des végétaux, on peut assurer que, tant que Paris aura la même température, jamais le julibrissin n'y prospérera longtemps.

Si, d'un côté, beaucoup de végétaux se refusent a vivre en plein air sous notre climat,d'un autre il y en a aussi un grand nombre, quoique de pays fort éloignés, qui s'en accommodent très bien, et on en fait honneur à la naturalisation; mais s'est-on aperçu qu'ils aient changé ou modifié leur nature, leur organisation? non certainement; ils ont trouvé sous notre climat la température qu'ils éprouvaient dans le leur, et ils y vivent.

11 y a quelques années, j'ai reçu une graine étrangère qui m'a produit un arbre que j'ai tenu deux ans en serre chaude, parce que je n'en avais qu'un pied et que je craignais de le perdre; mais, voyant bientôt que cet abri ne lui convenait pas, je le plantai en plein air, où il a trouvé une température analogue à celle de son pays, s'est développé tout de suite avec une vigueur merveilleuse, dix fois supérieure a celle qu'il avait atteinte dans la serre, évidemment trop

chaude pour lui, et démontré, par sa fleur et son fruit, que

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c'est bien lui qui constitue le beau genre Paulownia imperialis, originaire du Japon. Je suis loin de me vanter de l'avoir naturalisé ou acclimaté, puisque nous ne pouvons pas dire que sa nature ait changé, ni qu'il ait éprouvé la moindre difficulté a vivre sous notre climat; nous pouvonsafOrmer au contraire qu'il a trouvé,à Paris,àpeu près la température de son pays, et qu'il y croît très bien.

J'ai encore entendu dire souvent que la Pomme de terre, la Bataie s'étaient acclimatées; mais, bien loin que ces plantes soient acclimatées ,- la moindre gelée les détruit toujours; leurs graiues ont produit des variétés plus ou moins grosses, plus ou moins colorées, plus ou moins agréables, mais aucune qui soit moins sensible à la gelée. Il en est de même de plusieurs autres légumes que l'on dit acclimatés ou naturalisés chez nous; mais ces mêmes légumes, multipliés de graines ou de racines, succombent toujours au même degré de froid auquel ils auraient succombé la première année de leur introduction.

Si la naturalisation ou l'acclimatation des végétaux était possible, est-ce que, depuis je ne sais combien de siècles que l'olivier, l'oranger sont cultivés dans le département du Var, ils ne seraient pas avancés de quelques kilomètres vers l'intérieur de la France?

Ou ne dira pas que la culture, l'industrie, le besoin n'ont pas fait tous les efforts imaginables pour leur faire franchir les limites posées par la nature, et ce non-succès, évident pour tous, est bien fait pour faire regarder comme une utopie la naturalisation ou l'acclimatation des végétaux.

Il est pourtant un moyen d'obtenir des végétaux plus capables de supporter le froid que l'un de leurs parents, mais les promoteurs de la naturalisation n'en parlent pas; ce moyen est l'hybridation, que l'on ne peut plus mettre en doute. Si, par exemple, on fécondait le pistil d'une plante tropicale avec le pollen d'une plante congénère de région froide, la graine qui eu proviendrait donnerait, très probablement, une plante moins sensible au froid que sa mère. J'ai déja quelques expériences qui paraissent confirmer celte opinion; ainsi, parmi des rhododendrons provenus de fécondation croisée entre les rhododendrons de la Chine et ceux de l'Amérique septentrionale, il en est qui passent l'hiver en pleine terre, et d'autres qui n'y résistent pas; on peut même reconnaître, à certains caractères, les individus qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas celle propriété.

L'hybridation des végétaux n'ayant pas encore été, jusqu'ici, étudiée sous ce point de vue, je me propose de suivre de nouvelles expériences et d'en publier les résultats.

Neumann.

Plantes nouvelles introduites dans les Pays-Bas.

L'Annuaire de la société royale d'horticulture des PaysBas vient de paraître. On y trouve figurées quelques plantes que nous ne connaissons pas encore au Muséum de Paris; ce sont les suivantes:

Spirœa pruifolia, Sieb. etZucc.

Ternstrœmiajaponica, Sieb. etZucc.

Kerriajaponica, var. picta, Sieb.

Quatre espèces d'érables, dont 5 décrites par Thunberg et une par Siebold.

Un Vlmus keaki, Sieb.; et enfin une superbe figure du làgraea lanceolata, Blum. Plusieurs de ces plantes sont du Japon', ainsi il est probable qu'elles réussiront en pleine terre sous le climat de Paris.

Neumann.
De la greffe de la vigne.

Depuis quelques années, on a introduit aux environs de Bordeaux l'usage de greffer la vigne, soit pour rajeunir les pieds trop vieux, soil pour modifier les mauvaises espèces. On obtient ainsi les plus beaux résultats, car un vignoble peut être renouvelé, a peu de frais, en entier ou partiellement; dès la troisième année, il est en plein rapport et produit déjà beaucoup dès la seconde. Le durée des nouveaux ceps ne diffère pas sensiblement de celle des plants cultivés d'après la méthode ordinaire, et, quant a la qualité de leurs produits, ils présentent tous les avantages offerts par les vieilles vignes.

Voici en quoi consiste ce procédé:

On déchausse le pied de vigne a l'aide d'une pioche, jusqu' à ce qu'on ait mis les racines a découvert, c'est-àdire jusqu'à la profondeur de 0m,25 environ.

On prend alors un sarment d'une longueur de 0m,60 à 0m,80, que l'on retranche par son gros bout, de manière à lui donner la forme d'un coin. 11 faut laisser 0m,05 de longueur à la partie tranchée et mise à nu; l'écorce doit être bien conservée sur les deux autres côtés.

Cela fait, on coupe à 0"M5 de profondeur environ, à l'aide d'une scie de jardinier, le cep mis à découvert, et on polit la section avec un instrument bien tranchant.

On opère alors une fente verticale dans le milieu du bois, ii l'aide d'une sorte de couteau que l'on enfonce au marteau; et l'on maintient celte fente ouverte jusqu'à ce que l'on ait introduit le sarment préparé. Dans celte opération, il faut avoir le soin de bien enfoncer toute la partie tranchée du sarment, et de faire coïncider l'écorce de l'un des cùtésavec celle du cep, afln que la soudure puisse s'effectuer sans difficulté.

Enfin on entoure de mousse toute la partie découverte de la section, de manière à ce que les graviers ou la terre ne s'introduisent pas dans la fente, et on la maintient en la serrant fortement avec un lien d'osier; puis on replace la terre dans le trou qui l'a fournie, et on coupe le sarmeut en laissant trois bourgeons au-dessus du niveau du sol.

Cette opération doit s'effectuer au moment où les bourgeons de la vigne se transforment en pelites feuilles; el, pour la pratiquer avec succès, il faut se servir de sarments que l'on a conservés, en les enfouissant, dans presque toute leur étendue, dans la terre fraîche, immédiatement après la taille de la vigne.

Un ouvrier exercé emploie environ cinq minutes pour effectuer chaque greffe.

Si la greffe ne prend pas, elle forme au moins une bouture qui en tient lieu.

Drème.

Des Arbres à fruit.

i% M. l'abbé Daniel, recteur de l'académie de Caon, est, parmi les hommes éclairés de nos départements, un de ceux qui appellent le plus vivement l'organisation de l'enseignement agricole, et en l'absence de cet enseignement il fait tous ses efforts pour répandre dès à présent, par les instituteurs primaires, d'utiles notions sur l'horticulture, et spécialement sur les soins à donner aux arbres à fruit.

A cet effet les élèves-maîtres de l'Ecole normale reçoivent dans chaque division deux leçons par semaine. Le cours est [fait par un professeur qui , dans sa spécialité, a déjà

rendu de grands services, par M. Manoury, notre collaborai^.T.

La culture des arbres à fruit est un objet important, qu'il s'agisse des arbres de nos jardins ou de ceux des vergers, et M. le recteur, en initiant les instituteursà la connaissauce théorique et pratique de cette branche de l'art, aura fait nue chose très profitable au pays. Ces instituteurs, dans les loisirs que les travaux de leur profession pourront leur laisser, se procureront personnellement des jouissances en mettant en application les leçons qu'ils reçoivent accessoirement à leurs études principales, et vulgariseront autour d'eux , par leur parole et leur exemple, les bonnes méthodes de culture des arbres à fruit.

Cette étude, si négligée jusqu'a ce jour, doit certainement contribuer au bien-être de toute une contrée. On pourrait citer de nombreuses localités qui doivent leur état d'aisance à cette culture , et souvent c'est au zèle intelligent d'un seul homme que toute une commune est redevable de sa prospérité. Nous reproduirons ullérieurement, a l'appui de ce que nous disons ici, un fait très remarquable: il s'agit d'un curé de la Moselle qui a introduit, au grand avantage de ses concitoyens, la culture des arbres a fruit dans sa commune.

Par le zèle de MM. les desservants et instituteurs, il y a toute une réforme, une immense amélioration à.opérer. C'est ce qu'a compris, avec celte rectitude de jugement qui le caractérise, M. l'abbé Daniel, et ce dont il poursuit la réalisation avec la plus louable persévérance.

Mais pour atteindre plus sûrement son but, pour maintenir les instituteurs dans la voie de progrès qui leuF'est indiquée, M. le recteur a pensé que des encouragements étaient nécessaires, qu'il convenait d'exciter entre eux une émulation dont leurs élèves et les cultivateurs des diverses communes feraient leur profit. Il a en conséquence invité MM. les préfets et les conseils généraux à s'associer à ses efforts , et à lui prêter leur concours, les chefs de l'administration en appuyant sa demande, et les conseils en votant l'allocation qu'il sollicite pour qu'il soit décerné chaque année, par arrondissement, deux prix aux instituteurs qui auront montré le plus de zèle et de capacité dans les soins à donner aux arbres fruitiers.

Quand on sait avec quelle négligence dans la plupart des campagnes et des jardins les arbres sont soignés, le peu d'attention et d'intelligence apportées dans le choix des espèces, on comprend la nécessité d'encourager les hommes

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