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produits dans une année où ils abondent, et que le nombre des tués reste toujours inférieur au nombre des survivants; mais il serait absurde de ne pas vouloir combattre en partie un fléau de cette nature, parce qu'il nous est impossible de le vaincre tout à fait.

Il est donc hors de doute que la chasse aux hannetons est le moyen le plus efficace pour les détruire; chaque propriétaire devrait se faire un devoir d'en tuer le plus possible dans les années où ils abondent; mais cette chasse exige des précautions sur lesquelles nous devons insister.

Il faut commencer aussitôt que les hannetons paraissent, et continuer jusqu'à ce qu'on n'en voie plus voler aucun. Bien des gens commettentla faute d'attendre quelque temps dans l'intention de commencer quand les insectes se trouveront en grande abondance. Qu'arrive-t-il cependant? Au bout de quelques jours les femelles entrent dans la terre pour pondre leurs œufs et en ressortent pour voler de nouveau; si elles sont tuées après cette première ponte une grande partie de l'utilité de leur mort est perdue.

Il faut aller de bon matin à la chasse des hannetons; la matinée est le moment du jour où l'on peut prendre des hannetons avec le moins de peine, et la moindre perte dé temps, comme nous l'avons déjà expliqué en traitant de l'histoire naturelle de cet insecte. Les hannetons seront d'autant plus facilement abattus que la secousse aura été plus subite ; si l'on commence par secouer faiblement, l'insecte se cramponne et il n'en tombe qu'un très-petit nombre. Il est très-facile de ramasser les hannetons tombés sur des prairies nouvellement fauchées ou sur un sol nu ; mais on est obligé d'étendre des draps ou des toiles sur des terrains plantés. La meilleure manière de tuer le hanneton consiste à le faire bouillir dans de grands chaudrons. Les hannetons bouillis, qui répandent une assez mauvaise odeur, sont un très-bon engrais, surtout lorsqu'on les mélange par couches alternatives avec de la terre. On peut également se servir des hannetons pour la préparation du salpêtre (1). Qu'on se garde bien de jeter les hannetons dans le jus du fumier ou dans une eau quelconque,

(0 On a lu ce qui suit en 1841 dans le journal du Havre: • M. Brear, maire «VHarfleur et propriétaire dune fabrique d'huileà Gonfreville-l'Orcher, a acheté à i fr. l'hectolitre tous les hannetons que l'on a pu recueillir. Il a opéré sur hectolitres parce que ces insectes ayant la vie très-dure s'échapperaient pour la plupart, ce qui rendrait naturellement leur chasse inutile. Dans le chapitre suivant, l'auteur met en garde contre la destruction des animaux naturels du hanneton, parmi lesquels sont la Taupe qui se nourrit uniquement du ver, de grillons, et, surtout, des vers blancs dont on trouve souvent des débris dans leurs terriers; le Hérisson et la Chauve-souris qui font leur nourriture d'un grand nombre de hannetons et autres insectes nuisibles. Dans la classe des oiseaux nous voyons que la corneille, les oiseaux de nuits, tous les oiseaux de proie de petite race, la pie, et nombre d'oiseaux chanteurs font une chasse active aux hannetons. Parmi les animaux domestiques, les porcs, les poules, les canards sont avides de vers blancs et de hannetons, qui ont encore pour ennemis des insectes de plusieurs genres et particulièrement le carabe doré (Jardinière ). * Sociétés d'horticulture.

— CHERBoURG a fondé une Société d'horticulture et annonce une exposition pour les 13, 14 et 15 juin prochain, à l'occasion de laquelle on décernera des prix, et qui sera terminée par une loterie.

— Les 9, 10 et 11 mars dernier, a eu lieu l'exposition de la Société royale d'horticulture de LIEGE, société zélée et nombreuse (plus de trois cents membres). M. Ant. Vandeastraeten a remporté le prix d'amateur au concours ouvert pour la plus belle collection de plantes en fleurs, et M. Jacob Makoy celui d'horticulteur. Le prix pour la plante la plus nouvellement introduite a été décerné à mademoiselle Vossius pour la Boronia anemonaefolia. Les prix pour les Camellia à madame Lesoinne et à M. J. Makoy. Ce dernier a aussi remporté le prix des Azalea et celui des nouveaux Camellia qui étaient C. Varishii, Parini, de Notaris, Medicea nova, Commensa et Palmeri. Mademoiselle Vossius et M. Haquin ont eu ceux des plantes bulbeuses.

et a obtenu une très-bonne huile à brûler, d'une belle couleur

orange et donnant une belle flamme claire » . - - - - Si on a obtenu un pareil résultat, comment se fait il qu'on n'ait

Plus rien fait connaître sur ce fait important?

Les expositions prochaines de cette société auront lieu: celle d'été le deuxième dimanche de juin ; celle de Dahlia le deuxième dimanche de septembre, et celle de fruits, plantes potagères et céréales, le 1er novembre.

Les charlatans ambulanis, annonçant des plantes fabuleuses, ont été dénoncés à l'autorité et expulsés de la ville avant d'avoir vendu. Leur société portait les noms Martin et Cie de Paris, ville où ils sont parfaitement inconnus.

— La Société d'agriculture et de botanique de Locvaix a offert aux amateurs sa cinquantième exposition les 16, 17 et 18 mars. On a proclamé pour des collections variées et bien cultivées les noms de MM. H. Carolus, Alb. Marnef, Dezangré et Martens; pour collection de fruits, M. Ferd. Demeester. Parmi les horticulteurs commerçants, ceux de MM. Janssens, Rosseels, Debuck.

L'exposition d'été aura lieu le 29 juin.

— On écrit de Suisse : Nous avons fondé dans le Canton ],e Vaud une Société d'horticulture qui s'établit sous les plus heureux auspices. Des dons nombreux lui sont déjà parvenus, et elle compte une centaine de membres. Une première exposition est fixée au 15 mai prochain.

Bibliographie.

De la fécondation naturelle et artificielle des végétaux et de l'hybridation considérée dans ses rapports avec l'horticulture, Vagriculture et la sylviculture, ou, Etudes sur les croisements des plantes dans les principaux genres cultivés dans les jardins d'ornement, fruitiers et maraîchers; sur les végétaux économiques et de grande culture; les arbres forestiers, etc.; contenant les moyens pratiques d'opérer l'hybridation et de créer facilement des variétés nouvelles, par Henri Lecoq, professeur des sciences naturelles de la ville de Clermont. Ferrand, directeur du Jardin de botanique, vice-président des sociétés d'agriculture et d'horticulture de l'Auvergne, 1 vol. in-12, 3 fr. 50 c. Paris, Audot, éditeur du Bon Jardinier, rue du Paon, 8.

Voici un livre tout nouveau sur un sujet qui, s'il n'est pas nouveau . est certainement digne d'être mieux connu dans ses moyens, dans ses effets et dans ses résultats. Depuis que l'on a généralement admis que les végétaux phanérogames ont des sexes ou des organes mâles et des organes femelles destinés à produire des graines parfaites, on s'est beaucoup occupé de la manière dont ces organes remplissent leur fonction pour en opérer la fécondation, et l'on est parvenu à donner une explication matérielle assez plausible des préliminaires de cet acte mystérieux. iVIais l'acte lui-même reste toujours enveloppé d'un voile encore plus impénétrable chez les végétaux que chez les animaux. Nous savons seulement que le résultat de cet acte inexplicable sont des graines parfaites, en état de germer et de reproduire l'espèce. Il y a bien quelques hardis physiologistes qui prétendent en savoir, en avoir vu d'avantage : on parle d'un boyau pollinique, on dit même avoir vu qu'une portion de pollen descend dans l'ovule et •tevient une partie de l'embryon. Enfin, on répète à peu près aujourd'hui pour les végétaux, ce qui se disait il y a un et deux siècles pour la fécondation chez les animaux; c'est à-dire que, où l'expérience ne peut plus nous guider, tes suppositions commencent, tant est grand le désir de tout expliquer.

Le livre de M. Lecoq parle bien un peu de ces choses encore hypothétiques, mais elles ne sont pas son but II part d'un point plus positif, d'un point généralement admis en horticulture et en botanique, savoir que le pollen d'une Heur peut féconder le pistil «l'une autre fleur, si les deux fleurs appartiennent à deux espèces différentes seulement, jusqu'à un certain degré qui n'est pas encore bien connu, et que, de cette union adultérine, peut naitre une plante hybride ou réunissant des caractères de son père et de sa mère. On a des preuves, en effet, que quelques plantes réunissent ainsi deux caractères, et puisque l'hybridation paraît prouvée dans ces plantes, M. Lecoq ne doute pas qu'elle ne soit applicable à presque tous les végétaux phanérogames. Alors, partant de ce point, il a fait un livre pour en démontrer la possibilité , et pour enseigner la manière d'opérer.

Je ferai pourtant remarquer ici que la botanique reconnaît fort peu dhybrides, et que si les horticulteurs en admettent aujourd'hui un grand nombre, la physiologie a de fortes raisons pour en douter; à ses yeux mille causes diverses peuvent produire des variétés, tandis que les hybrides ne peuvent être produits que par un seul et unique moyen, c'est-à-dire par la fécondation croisée.

Cet unique moyen n'est pas employé avec assez de précision par la plupart des horticulteurs pour obtenir les hybrides qu'ils espèrent, et il est permis d'assurer que plusieurs plantes, qu'ils nous présen tent comme des hybrides, ne sont que des variétés. D'ailleurs, quand une plante est nne fois entrée dans le champ de la variation , elle variera toujours , les circonstances restant les mêmes, sans le secours d'un pollen étranger.

M. Lecoq a eu pour but d'amerjer les horticulteurs à opérer avec plus de précision dans leurs fécondations croisées pour obtenir des hybrides, à ne plus tant compter sur le vent, sur les insectes; il démontre la nécessité du retranchement des étamines de la Heur que l'on veut féconder artificiellement, et de poser soi.même le pollen étranger sur le stigmate de cette fleur, avec certaine précaution, et en le soustrayant à l'influence d'autre pollen. Celte opération, facile dans quelques fleurs, très-difficile dans d'autres, exige beaucoup d'adresse et de patience de fa part de l'opérateur, et c est probablement pourquoi presque tous ies horticulteurs la pratiquent d'une manière incomplète. Pour opérer convenablement, dit M. Lecoq, il faut une petite trousse moins grosse qu'une serpette, composée d'une pince, d'une aiguille, d'un canif, de ciseaux et d'un pinceau.

Une chose qu'il est bon de rappeler et que l'auteur n'a pas oubliée , c'est que plusieurs plantes étrangères dans nos jardins et dans nos serres , ne donnent pas de graines, quoiqu'elles y fleurissent très.bien. Plusieurs causes peuvent y contribuer; mais puisque quelques-unes ont produit de bonnes graines après avoir été fécondées par la main du jardinier avec leur propre pollen , Al. Lecoq s'étonne qu'on n'applique pas le procédé de la fécondation artificielle à un plus grand nombre de plantes étrangères qui restent stériles chez nous.

L'auteur a employé une quarantaine de pages de son livre à développer les moyens de la fécondation naturelle et artificielle. C'est la partie la plu< curieuse de l'ouvrage, celle où il prouve qu'il est un ardent promoteur de l'hybridation et de la création de variétés nouvelles. Si cette partie tombe entre les mains des horticulteurs qui croient que les hybrides s'obtiennent sans tant de précautions, ils reconnaîtront que celles qu'ils donnent comme telles, ne sont souvent que des variétés. Enfin l'ouvrage se termine par 1 examen d'un u,rand nombre de genres et de leurs caractères, dans lesquels l'auteur conseille d'opérer la fécondation artificielle pour en obtenir, sinon des hybrides, au moins des variétés remarquables. En passant en revue chacun de ces genres et les espèces dont la forme des organes varie, l'auteur indique les moyens particuliers de fécondation qui leur conviennent.

Mais je le répète. la première partie de ce livre est li plus intéressante pour les horticulteurs qui sèment beaucoup dans le but d'obtenir des nouveautés Ils pourront y puiser de nouvelles idées de nature à perfectionner celles qu ils ont déjà au sujet des hybrides et des variétés qui les mettront à même d'arriver plus tôt à leur but.

Poitead.

Exposition du cercle d'horticulture

L'exposition qui s'est ouverte le 24 avril au Luxembourg, est une des plus belles que l'on ait encore vues. On remarque autant le nombre des collections précieuses que la richesse de leur floraison. Lies prix nombreux et plusieurs médailles d'or vont être distribués le 37. Mous en rendrons compte dans notre prochain numéro.

ERRATA.

Tome VII, avril 1845, page 9 : Mâturu, lisez : mâture. — Page 10 : Pins à a ou 3 feueilles, lisez : Pins à 2 et 3 feuilles.

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