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concurrent ne s'est présenté. En 184a, la Société royale d'agriculture remit ce même ouvrage au concours ; deux maraîchers île Paris, MM. Moreau et Daverne se mirent sur les rangs , travaillèrent en commun, et, d'après un rapport lumineux , fait au nom d'une commission, par M. le vicomte Héricart de Thury, leur manuscrit fut couronné en 1844 de la grande médaille d'or de 1,000 fr. en séance générale, présidée par M. le ministre de l'agriculture et du commerce.

C'est sous de tels auspices que MM. Moreau et Daverne publient aujourd'hui leur manuel de la culture maraîchère de Paris, ouvrage attendu depuis fort longtemps. Nous allons en dire quelques mots.

L'ordre des matières ayant été tracé aux auteurs par le programme de la Société royale d'agriculture , nous n'avons pas à nous en occuper. En traitant de la statistique de la culture maraîchère , nous avons remarqué avec plaisir que les auteurs ont eu le bon esprit de ne pas faire les érudits , qu'ils se sont abstenus de fouiller dans les chroniques pour répéter des choses déjà dites et sujettes à controverses; ils ont voulu être vrais en ne remontant pas vers le passé au delà de 70 à 80 ans, et en ne parlantque de ce qui est encore assez frais pour avoir pu rester gravé dans la mémoire des contemporains. Les huit premiers chapitres traitent des généralités avec beaucoup de clarté, et prouvent que les auteurs entendent parfaitement la matière. Le neuvième, intitulé : des Habitudes et Manière d'être des maraîchers de Paris, nous a singulièrement intéressé; cette narration simple et fidèle porte le cachet de la vérité, de la bonhomie, et sera lue avec plaisir par ceux-là même qui sont étrangers à la culture; ils y verront combien la classe maraîchère de Paris diffère en mieux des autres classes travaillantes de la capitale, et combien elle est digne de l'estime publique.

Le dixième chapitre est intitulé: Culture maraîchère de Paris, mois par mois. Il est naturellement le plus long et le plus important , puisqu'il renferme toute la science théorique et pratique des maraîchers : ce chapitre n'est pas susceptible d'analyse; mais c'est là qu'on peut se rendre compte de la supériorité de la culture maraîchère parisienne sur toutes les autres cultures du même genre; c'est là que l'on peut juger de tout ce qu'il faut de raisonnements et de soins assidus pour arriver au succès de cette culture spéciale , car la partie des primeurs est une chose étonnante de prévisions et d'assiduités ,- aussi est ce dans ce chapitre qne l'ouvrage de MM. Moreau et Daverne offre le plus d'intérêt, en expliquant dans le plus grand détail comment la culture maraîchère de Paris parvient à produire dès novembre , et au milieu de l'hiver, ce que la nature ne nous donnerait que dans les beaux jours du printemps et de l'été avec une culture ordinaire.

Apres une lecture attentive du livre de MM. Moreau et Daverne, nous nous résumons à souhaiter que tout propriétaire, désireux qne son potager lui fournisse tout ce qu'il est humainement possible de lui faire produire, exige que cet ouvrage soit mis entre les mains de son jardinier, et que tout élève jardinier qui voudra abréger le temps de son apprentissage, ne se couche jamais sans en avoir lu quelques passages. A.

Première floraison en France de I'aristoloche Géante, , Aristolochia gigas.

Nous venons de visiter dans la serre de M. John Salter à Versailles, l'Aristolochia gigas qui fleurit pour la première fois en France. Aucune description ne peut donner une idée exacte de cette fleur réellement admirable , et dont voici les dimensions exactement mesurées : largeur de la fleur, 20 centim. ; longueur, 30 centim.; longueur de l'appendice qui la termine , 30 centim.

Outre sa dimension inusitée et sa forme singulière, la fleur n'est pas moins remarquable par les nombreuses veines pourpres se croisant comme les mailles d'un filet et qui sillonnent le limbe dont le fond est d'un blanc de crème. La couleur pourpre violacé du fond du périanthe (corolle) surpasse le plus riche velours.

La plante qui végète avec vigueur, porte cinq boutons qui promettent de s'ouvrir à 20 ou 30 jours d'intervalle. Nous ne doutons pas qu'ils n'attirent de nombreux visiteurs à M. Salter; tous ceux qui possèdent une bonne serre tempérée, voudront l'orner de cette magnifique floraison, qui probablement se prolongera pendant presque tout l'été.

h'Aristolochia Gigas introduite en Angleterre, il y a quelques années, de Guatimala , est en multiplication chez M. John Salter avec lequel on peut dès à présent traiter pour en obtenir de jeunes échantillons. (Avenue de Picardie, 32.)

Du genre Lobelia et de sa culture.

Ce genre de plantes gracieuses de pleine terre a été déjà connu des botanistes au commencement du XVII* siècle. Il a reçu le nom de Lobelia, en l'honneur du savant Lobe!, né à Lille en 1538, et mort à Londres en 1616, botanographe du roi Jacques Ier. Ce genre, de la famille des Camulacées, compte une cinquantaine d'espèces et un nomassez considérable de variétés obtenues au moyen de semis. Les espèces sont originaires de l'Italie, de la Sicile, du Népaul, du Japon , de l'Himalaya, de la Chine , du Cap, du Chili, du Mexique, de Surinam, de la Jamaïque, de la Virginie et de la Caroline.

La Lobelia Laurentia croît en Italie, la L. tenella, en Sicile; les L. micranlha, verbascifolia et pyramidatis, au Népaul, et cette dernière aussi sur l'Himalaya. Tome Vu, 3m5. Mai 1845. 3

Le plus grand nombre des espèces connues et décrites ont été importées du cap de Bonne-Espérance : on y trouve entre autres les L. bellidifolia, bicolor, crenata, erinus, lutea, pubescens, unidentata, cuneifolia, minuta, decumbens, ilicifolia, rhizophyta et triquetra. Toutefois, les plus belles sortes de Lobélies ont été introduites du Mexique en Europe, en 1809 et 1824: la L. fulgens et la splendens. La L. cardinalis, les L. syphilitica, Cliffortiana, inflata, également très . remarquables, ont été apportées de la Virginie et dela Caroline : la première en 1629 et la deuxième en 1665. Une cinquième et belle espèce, la L. Tupa, se trouve au Chili et au Pérou. D'après le rapport des voyageurs, elle croît au Chili, dans les montagnes, à l'abri des grands vents et du soleil de midi. On la retrouve aussi dans les environs de Valparaiso , à la Conception et dans l'île de Juan Fernandez. La L. ignea est aussi une magnifique espèce de ces contrées. Nous avons, du Japon, la L. campanuloïdes, et une espèce de la Nouvelle-Hollande, sous le nom de L. alata.

Il nous reste à mentionner encore comme espèce trèsdistinguée : la L. longiflora de la Jamaïque, la L. Surinamensis ou rubra, nommée encore lœvigata. La L. gigantea est aussi de l'Amérique méridionale. Ces quatre espèces exigent la serre chaude.

En visitant, ces années dernières, les collections de plusieurs amateurs de plantes de pleine terre, nous avons vu reproduites, dans un grand nombre de jardins, les espèces mentionnées ci-dessus : elles méritent donc plus spécialement d'être cultivées; ou bien , leur culture étant assez uniforme , elles n'exigent pas de soins aussi attentifs que certaines espèces délicates dont la culture est abandonnée. C'est aussi pour ce motif et dans l'intention d'abréger cette notice, que nous nous sommes arrêtés aux espèces qui sont assez généralement connues. Quant à la structure de ces espèces de Lobélies et à la forme de leur feuillage, elles sont presque toutes décrites dans le Bon Jardinier.

En Belgique, où, depuis nombre d'années, chaque genre de plantes compte plus d'un cultivateur intelligent et sans cesse occupé à améliorer les fleurs de sa prédilection , il s'en est trouvé un aussi pour le genre Lobelia. Connaissant parfaitement la culture de cette plante; cet amateur s'est appliqué, avec une persévérance rare, à croiser les plus belles espèces. Ces fécondations ont produit de bonnes graines, qui ont donné à leur tour des résultats dignes d'être signalés et connus. Un nombre restreint de ces beaux semis se trouve déjà dans les collections de plusieurs établissements d'horticulture. Nous pouvons donc les annoncer sans nous exposer au reproche d'une réclame, ni en faveur, ni au détriment de qui que ce soit. Un motif plus puissant nous y a engagé, c'est celui de faire jouir plus tôt nos amis des cercles horticoles dont nous faisons partie, de belles plantes nouvelles encore trop peu répandues en France et ailleurs.

Voici la description des caractères essentiels de ces nouveautés.

Lobelia Belgica. Cette variété provient de la Syphilitica; ses tiges et son feuillage lai ressemblent sous certains rapports, avec cette différence que le port en est plus roide et plus ferme; ses Heurs, plus grandes et mieux faites que celles de la Syphitilim, sont d un rouge cerise foncé.

coccinta. De la Cardinalis. Toutes les parties de la plante sont plus robustes que celles de la cardinalis; ses feuilles sont rou> geâtres, ses fleurs grandes et coccinées

formosa. Obtenue du croisement de la Cardinalis et de la Syphilitica; sa croissance ressemble à celle de la première; fleurs grandes, bien faites, rouge cerise.

Limburgensis. Cette varicté forme ordinairement une tige principale qui n'a pas moins de 70 à 85 centim. Feuilles sessiles lancéolées, toujours d un vert pâle; fleurs roses.

Makoyi. Hybride de la Cardiindis et de la Syphilitica; sa croissance ressemble a celle de la Cardinalis ; fleurs écarlates parsemées de tâches bleues.

Lobelia Phœnicea. Fortv croissance; fleurs d'un bleu intense et

un peu sombre. nova. Fleurs grandes et violettes.

C'est par leur coloris nouveau que se distinguent plus particulièrement ces deux dernières variétés.

Il en existe encore un certain nombre d'autres que nous passons sous silence, car nous n'avons pu en étudier les caractères, ni apprécier dans ces nouveautés la forme et la couleur des fleurs.

Ou nous demandera petit être quelles sont les règles suivant lesquelles il est permis de juger des qualités d'une belle Lobelia? Nous répondrons que nous ignorons absoment si des règles de goût à cet égard ont été formulées. Vainementavons-nouscliercliédes indications sur ce point, dans les ouvrages les plus récents, publiés en Angleterre, eu Allemagne et en France. En nous en rapportant aux sentiments exprimés par des connaisseurs, à la vue d'une superbe Lobelia, nous dirons que, pour ce qui concerne la structure, une nouvelle Lobélie doit offrir une tige principale, solide et très-ferme, avec des branches assez roides pour pouvoir soutenir les bouquets de fleurs; il doit avoir un feuillage d'une consistance suffisamment forte. Ce sont d'ailleurs des conditions requises dans les nouveautés remarquables de Cinéraires, de Camellia, de Dahlia, de Fuchsia, de Pélargonium, de Phlox et d'une foule d'autres plantes les plus en vogue à notre époque progressive en horticulture. La forme de la fleur doit, au moyen de pétales suffisamment larges, présenter une circonférence laissant à peine des interstices.

Malheureusement, les améliorations introduites jusqu'à présent dans cette partie essentielle de la fleur du Lobelia, sont encore bien en arrière, comparativement à celles d'un grand nombre d'autres genres préférés aujourd'hui. Peut-être aussi cette forme, moins régulière encore que celle des Glaïeuls et de différentes Orchidées , se refusera-t-elle assez longtemps à nous donner des perfectionnements exigés dans une nouveauté quelconque. Cependant, on ne doit pas désespérer d'un succès

'assez probable, quand on considère les améliorations introduites depuis dix ans, par les fécondations artificielles et le croisement des espèces, dans les genres Dahlia, Pélargonium, Pensée, etc. Contentons-nous donc, pour le moment, de ces Lobélies hybrides, où l'on trouve des pétales un peu plus larges et mieux arrondis que ceux des espèces primitives, pourvu toutefois qu'elles possèdent d'autres qualités estimables.

Quant au coloris des fleurs, il ne peut y avoir à cet égard, de même que pour la forme, qu'une seule opinion. Le coloris doit être pur, uni, délicat, relevé, éclatant. Les fleurs panachées, bien distinguées, aux couleurs tranchées et abruptes. En effet, le coloris brillant des jolies espèces du Mexique et de la Virginie ferait bientôt

- rejeter les variétés nouvelles qui ne réuniraient pas à toutes ces qualités essentielles l'éclat et la pureté du coloris. Aussi croyons-nous pouvoirconseillerde suivre ce critérium pour bien apprécier les espèces et les variétés hybrides du genre Lobelia, avant de les admettre'dans une collection de premier choix.

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